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Quand c'est l'heure, c'est l'heure
Datte: 19/12/2021, Catégories: nopéné, confession, rencontre, Auteur: Enzoric, Source: Revebebe
... sue sinon c’est la crampe. J’avais chaud aussi. Alors j’lui ai demandé s’il fumait. Ça m’arrive qu’il a dit. C’est pas une réponse ça ! Soit tu fumes soit pas. Mais ça arrive pas comme ça, si ? Moi j’avais envie d’en griller une. Et quand j’ai envie, je fais. Il était beau quand il est venu avec mon verre de coca. Il m’a pas cherchée. Il m’a vue mais il a fait l’tour de la cour des yeux. Normal. Il a besoin de repères. Besoin de savoir où il est. C’est quand il a dit je marie pas les plaisirs en refusant la clope que j’lui donnais qu’j’ai su. Un d’ses plaisirs c’est la picole. Mais il n’avait pas de bière. Alors j’ai compris. Compris qu’c’était moi son plaisir. Plus qu’sa binouse. Plus qu’une clope. Un seul plaisir à la fois qu’il a dit. Si c’est pas une déclaration ça j’y connais que dalle moi ! Fallait qu’je sois sûre. J’aime pas les plans sur la comète. Tu voles à dix mille mais quand t’atterris, ça craint grave. Tu t’écrabouilles. Fallait qu’je sache. C’qu’il m’a dit, ça m’a fait tilt. C’était l’heure. La bonne. Fallait pas la laisser passer. Pas avec lui sinon il aurait fallu tout recommencer depuis le début. J’lui ai pris la main. Il a pris la mienne. Il a fermé les yeux. Un seul plaisir à la fois. Après la vue, le toucher. C’était gagné. Fallait passer la deuxième. Accélérer. J’l’ai baladé jusqu’à la baraque à frites. J’avais la dalle. J’ai toujours la dalle après avoir dansé. Il a voulu payer. J’ai refusé. Rien pour s’asseoir et ...
... manger. C’est vente à emporter. Je pouvais pas rentrer chez moi. Pas possible. Trop tôt. J’lui ai repris la main. Elles sont douces ses mains. Doigts longs. Fins. Ongles nickel. Il les lime. Comme les femmes. Pas comme tous les mecs au coupe-ongle. Il est pas comme eux lui. Il est unique dans son genre. Il m’a laissé piloter. Sans question. Y’a pas que lui qu’a des habitudes. On en a tous. Bonnes ou mauvaises. Moi après avoir dansé j’mange un américain. Toujours sur l’même banc. J’commence toujours par les frites. Pa’ce que les frites froides c’est pas bon. Et bien salées. C’est meilleur. Et grasses. J’adore. Faut qu’elles baignent dans la mayo. Pas top pour la ligne mais j’m’en tape. Un gramme de graisse en plus passera inaperçu. D’toute façon ça fait des années que j’fais le même poids. Suis ronde. Mais stable. J’mange pas équilibré. Pas cinq fruits et légumes comme dit à la téloche. M’en fous. J’aime les choses simples. Grasses. Bonnes. Et quand j’ai la dalle, j’dévore. Pas du bout des dents. Pas comme toutes ces pimbêches qui font des manières. Qui s’essuient la bouche à chaque bouchée. C’est pas un manque d’éducation. C’est la faim. Il les a regardées. Frites après frites. C’était bizarre. C’est la première fois que quelqu’un me regardait comme ça. Au début c’était gênant. Il disait rien. Il buvait des p’tites gorgées. Mais j’ai bien vu qu’il était pendu à mes lèvres. J’faisais que manger mais on aurait dit qu’il trouvait ça super bandant. J’ai voulu ...