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C'était mérité (2)
Datte: 31/10/2021, Catégories: Divers, Auteur: PetitePoulette, Source: Xstory
... ne suis pas trop bête, j’ai doucement entrebâillé la porte en ayant déjà en tête ce que j’allais découvrir. » Je m’arrêtai quelques instants et regardai dans le vide. « J’étais énervée. Vraiment. Le genre de rage qui vous cloue sur place. Mais je me suis dépêchée de réfléchir en me demandant ce que j’allais faire. Au début, je pensais juste à le foutre dehors lui et sa chienne ; je n’avais en aucun cas envie de le tuer. » — En fait... — Taisez-vous, Dubois ! le coupa le vieil officier. Continuez, Mademoiselle. « J’ai donc remis mes bas et mes talons et je suis ressortie le temps de réfléchir. Après être allée chercher ma boisson au Starbucks, je me suis assise et suis arrivée à une conclusion : j’allais lui pardonner. Je voulais juste qu’il me le dise et qu’il s’excuse. Une heure plus tard, je suis rentrée à la maison. Plus d’odeur de parfum. Louis était assis à la table et buvait un café en souriant. Nous avons parlé, rigolé, et d’un seul coup je lui ai demandé : — Tu m’as déjà trompée, mon cœur ? — Jamais je ne te ferais ça, me répondit-il en m’embrassant sur la joue. Je lui avais donné sa chance. Il ne l’a pas saisie. Nous avons mangé, regardé un film, puis nous sommes allés nous coucher. Étant sûre qu’il dormait, je me suis levée et je suis allée chercher un couteau dans la cuisine. Je suis revenue dans la chambre et je me suis mise à califourchon sur lui. — Louis ? Tue-le. — Hmm... Tue-le. — Louis ? Tue-le. — Hmm. ...
... Oui ? Tue-le. — Tu m’as déjà trompée, mon cœur ? Tue-le. — ... Non. Tue-le. — Même maintenant tu me mens. Tue-le ! » — Je ne l’ai pas tué. — Vous ne l’avez pas tué ? — Non. J’en ai eu envie mais je ne l’ai pas fait. — Pourtant il est à l’hôpital à l’heure qu’il est. — Oh... il n’est donc pas mort ? demandai-je, irritée. — Non, Mademoiselle. Il est dans le coma mais pas mort. Vous êtes sûre que vous ne l’avez pas poignardé ? — Sûre et certaine : je l’aime trop pour ça, répondis-je en souriant. D’ailleurs, j’ai une question : avez-vous trouvé l’arme du crime ? — Il se trouve qu… — Nous sommes dans l’incapacité de vous répondre, Mademoiselle, le coupa le vieux. — T’es à côté de la tombe, connard… marmonnai-je. — Hmm ? — Je continue. Je l’ai embrassé avec toute ma rage en m’assurant de bien lui mordre la lèvre et je me suis rendormie. Le lendemain je suis partie sans le voir et je me suis réinstallée dans mes appartements. Je pense que vous pouvez comprendre que je ne pouvais plus vivre avec lui après cette aventure. Silence. — Rentrez chez vous, Mademoiselle ; nous vous recontacterons plus tard. Ne quittez pas la ville. Dubois, accompagne-la dehors. Je me levai, suivis Gay-mais-pas-trop jusqu’à la sortie, et avant de m’en aller je me tournai vers lui et lui demandai : — Elle est bonne, Estelle ? — Ou... oui... Enfin, non… Je ne vois pas de quoi vous parlez, Mademoiselle, me répondit-il en rougissant. — Hmm. ...