1. Lettre d'amour pour un rendez-vous à 18 h


    Datte: 22/10/2021, Catégories: fh, lettre, Humour Auteur: Samuel

    ... soit ma main : c’est quand même plus confortable de lire une lettre à deux mains.
    
    Il faut que je te prévienne tout de suite, je ne fais pas l’amour de façon triste et peu imaginative. Je renouvelle l’acte sexuel avec une virtuosité qui m’étourdit parfois moi-même. Jamais deux fois pareil. J’ai testé des positions qui ne sont dans aucun manuel. Par exemple, tu connais l’expression « avoir le cul entre deux chaises », eh bien moi, je prends l’expression au pied de la lettre. Ainsi tu seras nue assise entre deux chaises (tu as bien deux chaises chez toi), avec juste ce qu’il faut d’espace entre elles pour que ton sexe soit ouvert de toutes ses lèvres. Et moi, je viens avec ce truc à roulettes qu’ont les garagistes pour travailler sous les voitures. Et je te fais une visite complète… Tu peux imaginer la jouissance d’autant que les roulettes permettent tout un tas de diversions sensuelles. Je fais attention tout de même de ne pas rayer le parquet et je sors mon outil de ma salopette : ça roule, ma poule ! Bien sûr, ce n’est qu’un exemple.
    
    On peut jouer aussi à « avoir la tête dans le cul bordé de nouilles », mais ça, ce sera quand on sera franchement copains comme cochons. Ensuite, quand nous serons vraiment cul et chemise, on finira par avoir le feu au cul, mais rassure-toi, ce sera un feu de Bengale, un feu d’artifice comme à Broooodway.
    
    Dans la salle d’attente, tu ne m’as rien dit du tout. Et j’ai apprécié cette discrétion, cette façon si délicate de ne jamais me ...
    ... couper la parole. J’ai juste réussi à copier l’adresse qui figurait sur ton dossier médical. Moi, au contraire, je parlais tout le temps pour te dire : c’est la première fois que je sais d’avance tout ce qu’il va arriver. Cette logorrhée, tu l’as bien compris, était un symbole, une image, une allégorie, une métaphore. Tout ce que ma bouche déversait n’était que la pulsion freudienne d’un phallus en mal d’admiration. De ton côté, tu faisais semblant de lire une revue féminine et j’ai bien vu que l’article sur l’orgasme avait retenu ton attention. Je lisais aussi, moi, mais dans tes yeux qui disaient si clairement : avec un mec comme ça, il n’y a pas moyen de le rater, cet orgasme, qui me fuit depuis si longtemps, depuis le temps des chaussettes blanches et des couettes à la Sheila, depuis le temps des chaussettes noires et des coups-oui-ça-fait-mal à la Johnny.
    
    Une seule fois, ma partenaire de lit a dit n’avoir pas ressenti de plaisir à mes coups de boutoir. Or, j’ai appris par la suite qu’elle avait simulé le non-orgasme. C’est pour te dire qu’avec moi, c’est du garanti, du 100%. Ne va pas penser pour autant que je suis un dragueur impénitent. Non, comme tous les garçons, j’ai une petite expérience dans le domaine. Il faut bien quelques rencontres pour être à son apogée lorsque, d’un seul coup, on se trouve en présence de la femme au masque blanc dans une salle d’attente ET QU’ON SAIT QU’ELLE VA ÊTRE LA FEMME DE VOTRE VIE.
    
    Et, du reste, quel merveilleux signe que nous nous ...