1. Lettre d'amour pour un rendez-vous à 18 h


    Datte: 22/10/2021, Catégories: fh, lettre, Humour Auteur: Samuel

    Ma chérie,
    
    Bon, c’est peut-être un peu cavalier de dire ainsi « ma chérie » et je ne voudrais pas que tu t’en offusques. Mais je sens tellement que les choses vont aboutir entre nous deux que je prends un peu les devants. C’est d’ailleurs toujours comme cela que ça se passe : on commence par prendre les devants, et c’est seulement par la suite quand on se connaît mieux que l’on s’occupe de derrière ou du derrière, comme tu voudras.
    
    Bien sûr, nous nous sommes peu vus pour l’instant, mais quel instant ! Cette attente dans le cabinet médical, quand tous les deux nous portions le masque, ne sachant si nous étions contaminés ou pas… Et sais-tu que la plupart des rencontres sexuelles réussies se passent lors des carnavals ? Et certainement à cause des masques. Bien sûr, les nôtre étaient plus sobres, mais je voyais dans tes yeux combien tu saurais apprécier un jour ma conversation dont je ne t’ai fourni qu’un simple échantillon. Je t’ai parlé d’aller un soir au cinéma. Tu as fait non de la tête, mais je me suis demandé si cela ne voulait pas dire que l’on pouvait sauter l’étape cinéphile ou cinématographique pour celle du lit voluptueux. Oui, parce que je voulais te dire que je n’aime que les lits voluptueux.
    
    Il faut que tu te dises surtout que si nous ne couchons pas ensemble, nous allons le regretter toute notre vie. Moi surtout. Mais toi aussi, parce que tu vas tout le temps te dire : un type comme ça, il ne fallait pas passer à côté. On peut très bien coucher ...
    ... ensemble dans cette période d’épidémie, parce que si nous avons tous les deux le virus, il n’y a plus de danger. Et si nous ne l’avons pas, alors on peut franchement s’éclater en se disant en plus qu’on aurait pu l’avoir et qu’on ne l’a pas. Alors, bien sûr, ce qui serait bête, c’est que seulement l’un de nous deux aie le covid19. Imaginons que je l’aie, tu l’attrapes et tu en seras d’autant plus vite débarrassée ; et si c’est toi, sache que je suis prêt à tous les sacrifices. Tu es ma Corona, je suis ton virus. Du reste, rien ne nous oblige à nous embrasser. Si tu as quelques craintes, je te prendrai délicatement par derrière pendant que tu regarderas mon image dans ton miroir (tu as bien un miroir ou une glace).
    
    Tu vas me dire qu’on se connaît à peine, qu’on n’est pas fait l’un pour l’autre, que tu as un copain qui te satisfait complètement. Mais tout cela, tu t’en rends bien compte, ce sont de faux arguments. C’est exactement ce que disait George Sand à Chopin, ce qui n’a rien empêché de leur liaison tumultueuse. Oui, George Sand baisait tranquillement avec Musset ; Chopin dont elle connaissait juste quelques airs, n’était pas son type. Et pourtant ça ne l’a pas empêché de lui écrire : « Quand voulez-vous que je couche avec vous… », ou encore (qu’il faut lire une ligne sur deux en italiques) :
    
    Tu vois bien que c’est exactement notre histoire !
    
    Je suis sûr qu’à cet endroit de ma lettre, tu as déjà une main qui te caresse sans que tu ne t’en rendes compte. Imagine que ce ...
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