1. Mis au Gin


    Datte: 16/10/2021, Catégories: fh, hh, hplusag, hdomine, policier, Auteur: Domi Dupon, Source: Revebebe

    ... attend.
    
    J’avais un trou. Qui c’était celui-là ? Anna vit mon trouble.
    
    — Roma, la grande folle. Et je te jure, je ne caricature pas quand je l’appelle comme ça.
    
    Toujours aussi speed, elle était déjà partie vers la salle d’interrogatoire. J’abandonnai Serge à sa compagne et ses ordinateurs et lui emboîtai le pas. Elle marchait en se déhanchant outrageusement. Pas possible, elle m’allumait.
    
    — Tu l’fais exprès ?
    
    Éclat de rire.
    
    — Tu crois quand même pas que c’est ma démarche naturelle, mais Roma, il marche comme ça.
    
    #***************#
    
    Anna n’avait pas exagéré. Personnage d’un film, le réalisateur se serait fait agresser par toutes les ligues de soutien au mouvement LGBT ! Il nous attendait en tournant nerveusement autour de la table. Un slim jaune moulait un petit cul qui ondulait au rythme de ses pas. Une chemise, plutôt un chemisier, fuchsia s’ouvrait largement sur une poitrine lisse laissant deviner des tétons anormalement volumineux pour un « mec ». Il était chaussé de Convers à semelles compensées rouges à pois blancs. Malgré cela, il ne devait guère dépasser le mètre soixante. Pour couronner le tout et sa tête, une coiffure qui me rappelait Sailing, un vieux 45 tours qu’écoutait ma mère. Je ne me rappelais plus le nom du chanteur, mais je revoyais sa coiffure : de longs cheveux blonds méchés partant dans tous les sens. Autre point de ressemblance, musclé comme une serpillière. La comparaison s’arrêtait là. Le chanteur en question n’avait pas le ...
    ... visage d’une fouine qui a mal dormi et ne se maquillait pas tout seul devant un miroir ébréché. Il avait dû regarder plusieurs fois la cage aux folles, car sa gestuelle copiait celle du regretté Serrault avec le talent en moins.
    
    À part ce grand moment clownesque, Roma, comme il… elle avait voulu qu’on la nomme, ne nous avait rien appris sur le meurtre. Ses relations avec Sanmarco, bien que régulières depuis quelques mois, étaient purement sexuelles, ponctuelles sans pour autant être tarifées. Je retins un sourire, car il s’était rencontré au Babacha-bar. Je me dis que j’y retournerai ce soir en espérant y trouver Charles. Cette expérience presque hétéro ne m’avait pas déplu et… Si elle se la jouait grande folle, ténorisait à outrance avec des effets de bras, son vocabulaire ne dépassait guère les 100 mots de TF1, version caniveau. Elle nous expliqua avec force détails, geste à l’appui, leurs pratiques.
    
    Il adorait se faire « féconder » par Paolo, car c’était un « triqueur » de première qui ne « crachait pas son foutre » au bout de trente secondes. En plus, il ne lésinait pas sur la marchandise : quand il avait fini de le « téter », il n’avait plus soif. Il adorait moins les travers de son amant. Il l’obligeait à porter des tenues ringardes du XXe siècle. Dans ces moments-là, il l’appelait Charline ou Rosy, au gré de ses humeurs. Pendant qu’elle s’exhibait devant lui, il l’insultait puis la fessait ou la fouettait, toujours en lui criant dessus. Je ne retranscrirai pas le ...
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