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Mis au Gin
Datte: 16/10/2021, Catégories: fh, hh, hplusag, hdomine, policier, Auteur: Domi Dupon, Source: Revebebe
... rire. Claude lui jeta un regard interrogatif. Il l’apostropha : — Clo-Clo, ça te viendrait à l’idée de me considérer comme un mec ? — Épouvantable idée, Charline. Elle viendra pas et je crois que t’as assez bu. Tu veux un mâchon avec un pot de rouge ? Le mâchon avec un verre de beaujolais, la solution miracle pour Claude. Charles accepta. Boire tous les soirs devenait une très mauvaise habitude. Il avait cru pouvoir remonter la pente, tourner la page. Le Babacha, son havre, son refuge, l’avait fait replonger. Du moins la rencontre qu’il y avait faite. L’autre avait feint de ne pas le reconnaître, mais son passé l’avait bel et bien rattrapé. Hier, l’apparition de cette espèce de clone de Marie-Hélène avait fait planer l’espoir d’une seconde chance. Ce soir, seul face à son gin, l’atterrissage en solitaire le plongeait dans le doute et la déprime. Il pensait avoir fait ce qu’il fallait pour accepter son deuil et aller de l’avant. La veille, au moment de s’endormir, la capacité qu’il avait eue d’aimer sans état d’âme Colette, l’avait persuadé qu’il avait surmonté toutes ses épreuves, qu’il était un homme… enfin, une personne neuve. Mais ça n’avait été qu’un mirage, qu’une illusion de passage. Le barman avait raison : la panse remplie, Charles se sentait mieux et voyait le côté positif de sa rencontre. Ce n’avait pas été un triomphe, mais il était parvenu à amener Colette dans son lit et, en sus, à la faire jouir. C’était un grand pas en avant. Il n’avait plus de ...
... raison de rester à Lyon. Il devait reprendre les rênes de sa vie. Il retournerait à Bourgoin, réglerait ses affaires, mettrait la maison en vente et se chercherait un appart sur Grenoble ou Chambéry. Son hôtel était payé jusqu’à la fin de la semaine, il finirait son séjour (peut-être la reverrait-il ?). Ensuite, il entamerait une nouvelle vie, une autre vie de laquelle Charles disparaîtrait. #***************# Fumer dans son bain. C’était pas cool, mais c’était un plaisir que m’autorisait le célibat. Gaby hurlait chaque fois qu’elle me voyait avec une cigarette, alors dans la maison fallait pas y penser, et dans la baignoire, une hérésie. J’étais pas accro à la clope. Je n’en avais jamais sur moi et sauf évènement hyper stressant et avec quelqu’un à taxer, je ne fumais pas au boulot. Mais là, toute seule dans mon bain… c’était le pied. J’avais toujours eu la faculté de compartimenter et là, batifolant dans la mousse, j’avais relégué l’enquête dans un coin inaccessible de ma mémoire. Je laissais ma pensée dériver librement. Anna ! Sa réaction quand j’avais évoqué très indirectement son hétérosexualité me chiffonnait. Ensuite, cette seconde allusion dans la voiture à mon célibat interrompu fut suivie de sa main sur ma cuisse. Tout à fait son genre de réflexion, mais la main… Une première. Avec moi, elle ne s’était jamais montrée tactile. Alors ce geste spontané m’interpellait. Je me faisais certainement un film. Elle restait très discrète sur sa vie sentimentale. Les ...