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COLLECTION ZONE ROUGE. Matricule 100 605. Début de la saison I (1/3)
Datte: 13/10/2021, Catégories: Dans la zone rouge, Auteur: CHRIS71, Source: Hds
• Bonjours Aleksandra, quel effet ça fait de prendre l’avion demain pour revenir à Varsovie, votre pays pour recevoir 40 ans après la médaille d’honneur de la ville. Votre bravoure lors du premier soulèvement du Ghetto va enfin être reconnu ! Mais avant dites-nous les circonstances qui vous ont amené à ce moment héroïque ? Héroïque, c’est un bien grand mot, mais je veux bien vous expliquer ma vie quand tout a commencé. Je venais d’avoir 20 ans quand la rumeur nous est parvenue que les Allemands envahissaient les pays voisins au leur dont certains de leurs amis. Nous étions le 1er septembre, j’ai perdu la mémoire de toutes ces dates, mais celle-là je suis obligée de m’en souvenir, c’était celle de ma naissance. • Qui étiez-vous et que faisiez-vous dans ce pays. Je suis née dans le petit village de Zgersky au nord de Lodz. Nous étions 60 habitants environ. Inutile de le chercher sur une carte, il a été intégralement détruit, il est devenu un village martyre. Mes parents à ma naissance m’ont appelé Aleksandra avec un K. Dans ce village, ils étaient paysans, quelques terres, deux vaches, un cheval, des brebis et deux cochons sans compter les poules et les canards et une oie qu’il tuait pour la Paque juive. À oui, un chien, c’était mon ami et il me manque. Nous avions de quoi manger, potager et volatiles étant la base de notre alimentation. J’oubliais, nous avions des pigeons. J’étais toujours triste quand papa en attrapait pour les ...
... tuer et les plumer avant que maman nous les fasse cuire dans notre vieille cuisinière à bois avec de la graisse d’oie et des petits pois. Mon père chassait dans ce coin de pays où les bois et les forêts nous apportaient un surplus de nourriture. Tous au village étaient juifs et tous nous pratiquions cette religion. Après-guerre, je suis restée la seule rescapée répertorier vivante. Il y avait plusieurs jours que nous entendions des avions allemands passer au-dessus de nos têtes, mais miraculeusement nous en avions réchappé. Papa et maman avait repris l’habitude de retourner à l’office du vendredi dans notre petite synagogue construite par nos anciens. Elle était vieille de plusieurs dizaines d’années. Nous étions un village sans souci, presque heureux dans ces années-là ou nous savions nous contenter de peu. Ce vendredi-là, j’avais prétexté un mal de ventre pour rester à la ferme. J’ai vite été rejointe par Marek, le jeune homme fils de la ferme dite de « la rivière » à une centaine de mètres en contrebas de chez nous. J’aimais Marek, garçon de 21 ans, futur fermier lui aussi avec des bras comme ceux de bucherons qu’il était à ses heures surtout pendant la période d’hiver. Les hommes coupaient le bois l’hiver pour approvisionner le village chaque année. Ce bois était vital pour nous afin de pouvoir manger et nous chauffer. Nous nous connaissions depuis l’école et c’est un jour où il nous a livré notre quantité pour l’année suivante, le ...