1. Une romancière en herbe


    Datte: 12/10/2021, Catégories: f, hplusag, prost, amour, fsoumise, cérébral, revede, conte, Auteur: Maryse, Source: Revebebe

    ... affection en désir, leur désir en passion dévorante. Leur destin était scellé. Un concours de circonstances imprévu mettrait le feu aux poudres. Le désir les embraserait. Margot se donnerait à Maximilien. Les deux – incapables de contenir leur attirance l’un pour l’autre – lâcheraient la bride à leurs pulsions. La candide ingénue se transformerait en une amoureuse insatiable, entièrement dévouée à son initiateur et maître, le suivant dans les méandres troubles du plaisir.
    
    Exaltée, tremblant de la tête au pied, perdue dans ses pensées où réalité et imaginaire se confondaient, Maryse laissa ses mains s’égarer sur son corps fiévreux. Ses doigts investiguèrent son corps et elle lâcha un petit gémissement. Si elle avait été Margot, elle se serait immobilisée, effrayée à l’idée d’avoir pu réveiller Maximilien qui dormait de l’autre côté du drap. Aussi innocente qu’elle fût, la jeune servante n’en était pas moins femme, songea-t-elle, en proie à une vive excitation. Et comme toutes les femmes, Margot ressentait ce trouble charnel qui prenait naissance aux creux du ventre, qui se propageait en ondes brûlantes en attisant l’irrésistible besoin de se donner du plaisir.
    
    Elle se représenta mentalement la naïve servante, figée dans son lit, la main entre les cuisses, le cœur tambourinant dans sa poitrine, les joues brûlantes, n’osant pas bouger par peur que Maximilien ne l’entende et ne devine son émoi. Jamais la présence de son voisin ne l’aurait autant obsédée. La jeune ...
    ... héroïne chamboulée en aurait recherché la raison. Et puis la vérité aurait fini par s’imposer d’elle-même : parce qu’elle désirait charnellement son compagnon de vie ! Elle imagina Margot se raidir sous sa couverture tandis que la révélation lui tombait dessus, en lui coupant le souffle. Bien sûr, celle-ci aurait essayé d’écarter cette idée en la qualifiant d’ineptie qu’il valait mieux oublier, de se convaincre qu’elle se trompait, que c’était impossible, que cela ne pouvait pas arriver. Probablement, aurait-elle tenté de se convaincre que son corps trop longtemps privé de caresses lui jouait un mauvais tour ? Qu’une fois qu’elle se serait soulagée, l’étrange attraction qu’elle ressentait pour son maître disparaîtrait et tout redeviendrait dans l’ordre ! Elle ne devait pas se bercer d’illusions, se leurrer, elle n’était qu’une servante, pas une épouse. Elle devait rester à sa place et se contenter de sa main ! se serait alors dit la jeune femme.
    
    Maryse se réveilla à l’aube, fatiguée et agitée. Régis ne sembla pas remarquer les cernes profonds qui lui creusaient les yeux et ne lui demanda aucune explication sur son départ précipité de la veille. Après un café rapidement avalé, ils se remirent à la tâche. Ils travaillèrent d’arrache-pied sans sentir le temps passer. Régis rédigeait ; elle recherchait les informations dont l’écrivain avait besoin. Le rythme qu’ils s’imposaient les maintenait dans un état de surexcitation. Ils confrontaient leur point de vue. Leurs imaginations ...
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