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Une romancière en herbe
Datte: 12/10/2021, Catégories: f, hplusag, prost, amour, fsoumise, cérébral, revede, conte, Auteur: Maryse, Source: Revebebe
... su le dire ! Mais ce qui la tracassait le plus, c’était qu’elle se sentait troublée par le personnage de Maximien, sans qu’elle ne puisse se l’expliquer. Et puis la chaleur des paumes qui recouvraient les siennes l’empêchait de réfléchir lucidement. — Margot, quant à elle, est ingénue. Elle est loin de se douter que sa fraîcheur et sa candeur attirent Maximilien auquel elle est dévouée. Reléguer Margot à un rôle de jeune fille crédule qui allait tomber dans les griffes d’un séducteur l’indigna. Le fantasme typiquement masculin de la femme soumise ne devait plus exister à l’heure où l’on revendiquait l’égalité entre les sexes ! Elle réagit vivement. — Non, ce n’est pas possible, Margot n’est pas aveugle à ce point pour tomber dans les griffes de ce… Elle chercha désespérément le qualitatif approprié, mais aucun ne lui vint à l’esprit et elle fut obligée de laisser sa phrase en suspens. Remarquant le regard perplexe de son interlocuteur, elle finit par baisser le visage, les joues écarlates. — Vraiment ? … Eh bien, imagine la scène… Une rue étroite… C’est le crépuscule. Le soleil couchant nimbe le ciel d’une couleur orangée. D’un côté, le groupe d’insurgés. De l’autre, la garde royale à cheval qui leur barre la route. La tension est au paroxysme. Margot sort d’une ruelle mitoyenne et se retrouve en plein milieu. L’officier hurle un ordre, le sabre tiré. Les cavaliers font avancer leurs montures. Les sabots tintent sinistrement sur les pavés. Les insurgés se ...
... mettent à hurler, à invectiver. Ils jettent des pierres sur leurs adversaires. Margot est pétrifiée de peur… Elle retint son souffle. Le récit était d’un tel réalisme, d’une telle force qu’elle en était impressionnée. Comme si c’était elle qui était au beau milieu de la rue, coincée entre les belligérants. Le regard flamboyant de Régis accroché au sien ajoutait à sa confusion. — Les chevaux passent du pas au trot. Les soldats sortent leurs sabres des fourreaux et les brandissent, menaçants. Brusquement effrayés, les insurgés reculent. Margot, toujours clouée sur place, est sur le trajet des cavaliers qui se mettent à rugir, prêts à se lancer à l’assaut. Elle vivait ardemment la scène. Le bruit des sabots retentissait dans sa tête, tel un grondement de tonnerre ininterrompu. Elle imaginait les poitrails harnachés des chevaux qui se rapprochaient inexorablement d’elle. Régis reprit de sa voix douce, obsédante : — Margot sentit ses genoux vaciller sous son corps, elle chancela et perdit l’équilibre. Elle vit les pavés sales de la rue s’approcher à toute allure de son visage tandis qu’elle tombait. Mais au dernier moment, des bras l’attrapèrent et la soulevèrent. La jeune femme se sentit transportée à toute allure jusqu’au porche de la maison d’à côté. Comme si elle était devenue Margot, un intense soulagement éclata en elle et elle put enfin retrouver son souffle. Elle inspira une grande goulée d’air. — Que crois-tu que ressent Margot blottie dans les bras de ...