1. Une romancière en herbe


    Datte: 12/10/2021, Catégories: f, hplusag, prost, amour, fsoumise, cérébral, revede, conte, Auteur: Maryse, Source: Revebebe

    ... se pencha pour consulter par-dessus son épaule, l’écran de l’ordinateur.
    
    — Vous avez bien avancé. Continuez ainsi.
    
    Ce ne fut que bien plus tard que Régis lui demanda d’arrêter. Ils dînèrent ensemble dans la cuisine après qu’un traiteur leur ait apporté leurs repas. Ils mangèrent en bavardant. Régis s’efforça de répondre à toutes les questions qu’elle posait. Elle voulait tout savoir sur la conception d’un roman, de l’idée initiale à l’édition. Régis le lui expliqua avec brio. Il en profita pour lui détailler le plan de son livre et le déroulement de l’intrigue. Ils en vinrent à d’autres sujets. Ce ne fut que bien plus tard que Régis l’accompagna au studio dans lequel elle s’installa. Trop fatiguée pour faire quoi que ce soit d’autre, elle fit un brin de toilette, se prépara pour la nuit. Une fois couchée, elle s’endormit instantanément.
    
    Le lendemain matin, Régis l’attendait. Il semblait reposé et avait préparé le café. Ils discutèrent du programme de la journée et établirent la liste des informations complémentaires à rechercher. La collaboration se passait bien : le romancier lui demandait régulièrement son avis et elle le donnait avec plaisir, éprouvant une certaine excitation à participer de façon active à la conception du livre. Les jours suivants passèrent à la vitesse de l’éclair. En confiance, elle se donnait à fond, anticipant les demandes de son employeur qui l’incitait à utiliser ses capacités intellectuelles comme elle ne l’avait pas fait depuis des ...
    ... années. Elle avait l’impression qu’un monde nouveau s’ouvrait à elle et elle en ressentait une espèce de vertige.
    
    Souvent, Régis lui demandait de se mettre dans la peau de la jeune héroïne afin d’imaginer ce qu’une jeune fille aussi innocente que Margot pouvait bien éprouver, plongée dans l’agitation insurrectionnelle de la capitale. Régis, quant à lui, jouait le rôle de Maximilien et lui donnait la réplique. Leur relation évolua imperceptiblement au fil du temps, sans qu’elle ne s’en rendît vraiment compte. Le romancier était devenu plus qu’un employeur, presque un mentor avec lequel elle aimait discuter. Elle se nourrissait de tout ce que Régis Verdier lui enseignait. Elle appréciait l’intelligence de l’écrivain, la finesse de ses réflexions, son sens de la répartie et ses commentaires humoristiques qui la faisaient souvent éclater de rire. Elle avait fini par oublier que tout – leur âge, leur éducation et leur milieu social – les séparait, sans remarquer que l’évolution de leur rapport anticipait celle qui se nouait entre Margot et Maximilien.
    
    Assise sur le canapé, elle regardait Régis aller et venir d’un pas fébrile devant la fenêtre. Cela faisait plusieurs minutes que ce dernier semblait en proie à une profonde réflexion. Elle savait que lorsque l’écrivain était dans un tel état, il valait mieux ne pas le déranger. Elle attendait donc patiemment le bon moment pour pouvoir prendre congé et aller se coucher.
    
    — Nous avons suffisamment d’informations pour poser le cadre ...
«1...345...15»