1. Julie et Mariam (8)


    Datte: 31/01/2018, Catégories: Erotique, Auteur: ballhin, Source: Xstory

    ... cette semaine a été très...particulière ! reprend-elle d’une petite voix.
    
    J’ai envie de lui déclarer ma flamme, mais avec tout ce monde autour de nous, c’est inconcevable. Ce n’est ni le lieu ni l’instant, et puis je suis incapable de prononcer ces mots.
    
    * * * *
    
    14h00, les candidats tournent en rond dans le hall en attendant leur sort. Les minutes passent à une vitesse folle cet après-midi, cette impression désagréable de l’accélération du temps quand on souhaite qu’il s’arrête. Dans la grande salle de réunions, l’un après l’autre, nous argumentons nos rapports et évaluations sous le regard attentif du boss. Mais mon esprit navigue dans d’autres eaux.
    
    — Julie, tu es avec nous ? tonne une voix tonitruante qui me sort de mes pensées.
    
    Au bout de la table, mon patron me jette un regard sévère.
    
    — Oui, excusez-moi.
    
    — Il faut dormir la nuit, Madame Prévert !
    
    Je grimace à cette réflexion qui déclenche l’hilarité de mes collègues. Seul Paul reste de marbre, les sourcils froncés. Je suis sûre qu’il a compris, il a toujours un temps d’avance sur les autres.
    
    Lors de la cérémonie organisée dans le hall, Paul annonce la liste des candidats retenus et remercie les recalés pour leurs efforts. Il souligne qu’un dossier leur sera envoyé pour qu’ils puissent connaître le motif du refus et où se situent leurs faiblesses. Ensuite, chaque tuteur remet un certificat de validation de connaissances à son candidat. Sans surprise, Mariam a réussi son test. Quand je lui ...
    ... remets le document, nos mains s’effleurent, me communiquant un peu de son énergie. Ses yeux sont tristes comme si elle, aussi, avait compris l’issue de notre folle aventure ; enfin, c’est ce que j’imagine. Derrière elle, sa petite valise Hello Kitty l’attend. Cela me retourne les sangs et me serre la poitrine, j’étouffe. Son train est dans une heure, nous devons partir.
    
    * * * *
    
    Les huit stations de métro qui nous séparent de la gare Montparnasse défilent trop vite. J’aurais aimé être seule un instant avec elle, peut-être aurais-je pu lui dire, encore un peut-être qui souligne mon manque d’assurance. Sur le quai, nous nous regardons, les yeux pleins de larmes. Je m’approche et monte sur la pointe des pieds pour effleurer ses lèvres, mais Mariam ne répond pas à mon baiser. Elle attend autre chose. Un sentiment fort que je ne parviens pas à exprimer. La nuit dernière, pour la première fois, elle m’a déclaré son amour : un « je t’aime » magnifique qui m’a transpercé le cœur et l’âme. Je l’ai serrée contre moi, mais je n’ai pas pu lui répondre. Ces mots sont plus difficiles à exprimer que je ne l’imaginais.
    
    — Fermeture des portes, mesdames, vous devez monter.
    
    En une phrase, le contrôleur vient d’exploser notre bulle et mon dernier espoir. Le retour à la réalité est violent. Les bruits de la gare me submergent. Mariam fond en larmes et s’engouffre dans le wagon sans se retourner. Sur ce quai, je viens de perdre une partie de moi-même. Une envie de hurler me prend aux tripes, ...