1. 0216 L’amour ne vit plus ici.


    Datte: 06/08/2021, Catégories: Entre-nous, Les hommes, Auteur: Fab75du31, Source: Hds

    ... s’ils se sont quittés des années plus tôt ».
    
    « C’est bien vrai, ça. En tout cas, je te trouve bien mieux qu’il y a deux ans. Et ça me fait plaisir de voir que tu vas mieux ».
    
    « J’y travaille ».
    
    « Le temps sera ton allié, crois-moi ».
    
    Charlène et moi remontons à cheval, tandis que Jérém prend le sien en longe. Et pendant que nous nous éloignons de la maison aux volets bleus, et alors que Gaston et Illan nous escortent le long des clôtures, une musique et une voix familières nous rattrapent :
    
    You abandoned me/Tu m'as abandonné
    
    Love don't live here anymore/L'amour ne vit plus ici
    
    A cet instant précis, je me fais la réflexion que l’amour a beau être parti, tant de choses lui survivent, et parfois longtemps : la colère, l’amertume, le sentiment d’injustice, d’humiliation, les regrets, les remords, la nostalgie, la mélancolie.
    
    En m’éloignant de la ferme, je n’arrive pas à cesser de penser au récit ce Florian, à son parcours. La petite complicité qui s’est créé entre nous deux alors que Charlène était sortie voir mon bobrun me fait chaud au cœur. Oui, tous les deux on se ressemble. Pourvu que nos destins sentimentaux ne se ressemblent pas trop.
    
    « Alors, comment avez-vous trouvé Florian ? ».
    
    « Je l’ai trouvé très gentil ».
    
    « Il a été sympa » fait Jérém.
    
    « J’espère qu’il va retrouver un gars qui saura le rendre heureux » fait Charlène, avant de continuer « et vous deux, faites attention l’un à l’autre, ne vous perdez pas, ne gâchez pas cette ...
    ... chance inouïe que vous avec eu de vous rencontrer ».
    
    Ni Jérém ni moi ne trouvons les mots pour lui répondre. Mais nos regards se croisent pendant un instant fugace, et notre entente est merveilleuse.
    
    Nous marchons en silence pendant un long moment. Au bout d’une heure, Charlène propose à Jérém de le remplacer à terre pour accompagner Unico.
    
    « Mais ça va pas, avec ton genou en vrac ? ».
    
    Je lui propose à mon tour, mais le bobrun décline également ma proposition.
    
    Je le regarde, les cheveux bruns en bataille, la barbe de plusieurs jours, le pull à capuche et le pantalon d’équitation marqués par des traces de boue, de végétation, d’animal. Et je me dis que, loin du Jérém petit con soigné de la ville, le Jérém nature à la campagne me fait, si possible, encore plus d’effet.
    
    Une autre bonne heure plus tard, alors que nous approchons du centre équestre, Charlène me lance :
    
    « Moi je dis que t’as bien tenu le coup, Nico. La balade était longue, et avec quelques difficultés. Vraiment, je te félicite ».
    
    Les mots de cette pro du cheval me font chaud au cœur. Mais ils sont loin de me toucher autant que ceux que mon bobrun va m’envoyer dans la foulée.
    
    « Pour un gars qui n’a jamais monté, tu as une très bonne position à cheval, tu te tiens bien droit, un peu en arrière, tu as les talons vers le bas et les rênes assez souples. Je prends du plaisir à monter avec toi ».
    
    « C’est pas ce que tu disais hier » je le cherche.
    
    « J’ai changé d’avis… car tu progresses à vue ...
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