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Dans la tête et dans le cœur de Thibault.
Datte: 04/08/2021, Catégories: Entre-nous, Les hommes, Auteur: Fab75du31, Source: Hds
... chaque fois, l’envie était un peu plus violente, et la frustration un peu plus insupportable. Pourtant, le respect de leur amitié avait toujours freiné tout dérapage. Thibault considérait Jéjé comme son petit frère, il avait pour lui une affection infinie : leur complicité de potes et de coéquipiers était si importante à ses yeux que jamais il n’aurait pris le risque de laisser ses sentiments et ses désirs gâcher cette si belle amitié. Thibault avait fini par se dire que ce qui s’était passé sous la tente n’était qu’une bêtise d’ados, une bêtise qu’il fallait oublier, tout comme semblait l’avoir fait son pote. Pourtant, Thibault s’était parfois demandé si son Jéjé repensait parfois à cette nuit, et s’il lui arrivait d’avoir lui aussi envie de retrouver le bonheur de ce moment magique. Parfois, lors de ces fins de soirée très tardives, Jéjé avait parfois eu de gestes un peu ambigus à son égard, des gestes qu’ils lui avaient valu pas mal de frissons et pas mal de questions. C’était lors de ces moments où l’alcool, la fatigue et le joint rendent possibles certaines attitudes inconcevables « à jeun » ; des attitudes dans lesquelles on ne saura vraiment jamais quel rôle ont joué l’alcool ou le joint. Thibault repensait par exemple à ce geste qu’avait parfois son pote, après une discussion houleuse, celui de passer sa main sur ses cheveux, de le caresser, tout en rigolant : peut-être une façon de s’excuser pour la virulence de ses propos, peut-être une façon ...
... d’admettre qu’il avait tort Thibault repensait à cette autre habitude de son Jéjé, avant un match important, ou après une victoire, celle de le serrer contre lui et de glisser ses mains entre son t-shirt et son dos ; il repensait à sa façon de passer un bras autour de son cou, ou d’appuyer sa tête à son épaule lorsqu’ils n’étaient que tous les deux sur le canapé, devant un match de rugby. Des gestes, amicaux, certes, mais pleins de douceur, presque de tendresse, des gestes qui lui procuraient à la fois de doux frissons et une violente frustration. Fidèle à sa résolution de faire passer leur amitié avant tout le reste, , Thibault avait à chaque fois accepté ces gestes de son Jéjé, sans chercher à creuser plus loin, sans tenter d’aller plus loin. Pourtant, c’était de plus en plus difficile pour lui de faire semblant. « Est-ce que j’aime les mecs ? » s’était parfois demandé Thibault. Depuis son adolescence, Thibault avait toujours aimé fréquenter les nanas. Son genre à lui c’était les filles naturelles et douces, avec de la conversation ; et surtout pas les trop précieuses, les bimbos, les affriolantes, celles dont le maquillage pèse plus lourd que leur cerveau ; les « cagoles » comme les appelait son pote marseillais Thierry. Thibault n’avait pas eu beaucoup de nanas dans sa vie : deux histoires qui avaient duré quelques mois, plus quelques aventures d’un soir, mais pas très nombreuses. Il aurait pu en avoir plus, mais ça ne l’avait jamais vraiment intéressé de ...