1. Dans la tête et dans le cœur de Thibault.


    Datte: 04/08/2021, Catégories: Entre-nous, Les hommes, Auteur: Fab75du31, Source: Hds

    ... repense à la joie sans limites du jour où ils avaient gagné leur premier tournoi de rugby ; au bonheur de l’avoir gagné ensemble.
    
    Jour après jour, le garçonnet effacé s’était transformé en un très très beau garçon remarqué, admiré, convoité : en un souffle, presque du jour au lendemain.
    
    Thibault retrouve le souvenir, troublant, bouleversant, d’un vestiaire d’après match, vers l’âge de 12-13 ans : ce jour-là, en regardant son pote se doucher, il s’était attardé à le regarder. Et il l’avait trouvé beau.
    
    Match après match, vestiaire après vestiaire, douche après douche, Thibault n’avait jamais pu arrêter de regarder son pote ; il arrivait presque toujours à s’arranger pour se doucher en même temps que lui. Parfois, il lui était arrivé de croiser son regard, souvent accompagné d’un petit sourire, un sourire qu’il n’avait jamais su interpréter. Complice ? Amusé ? Flatté ?
    
    Au fil du temps, il avait même appris à garder un sujet de conversation à lancer sous la douche, astuce qui lui permettait de regarder son pote, de détailler son anatomie, toute son anatomie, sans que cela paraisse inapproprié.
    
    De plus en plus, Thibault avait « besoin » de regarder son pote : car, le regarder, le faisait sentir bien.
    
    Un jour, il avait fait exprès de chercher son pote, de le narguer, de provoquer une réaction physique de sa part ; un autre jour, il l’avait éclaboussé pendant qu’il prenait sa douche (ce jour-là, attirés par leur petite chamaillerie sous l’eau, d’autres gars ...
    ... étaient venus jouer avec eux sous les douches, tels des labradors voyant d’autres labradors nager dans une rivière ; au bout de quelques minutes, le sol du vestiaire était recouvert d’une épaisse couche d’eau et de mousse, bêtise qui leur avait valu un bon savon, sans jeux de mots, de la part de l’entraîneur).
    
    A chaque fois, Thibault avait été heureux que son pote fasse semblant de le bousculer, qu’il essaie de le maitriser, qu’il l’attrape par les bras, les épaules, par le cou, tout en rigolant : et à chaque fois, il avait été heureux de sentir le contact avec ce corps, avec cette peau mate et douce qui lui faisait de plus en plus envie.
    
    Et puis, il y avait eu cette nuit, sous une tente, en camping, l’été de leurs 13 ans : ce moment sensuel et Puis, très vite, son Jéjé avait été accaparé par les nanas. Et ils n’avaient jamais reparlé de cette nuit, comme si elle n’avait jamais existé.
    
    Ce qui n’avait pas empêché les échanges de regards avec son pote (dans les vestiaires, sous les douches) de continuer comme avant ; ce qui n’avait pas empêché les désirs du jeune pompier de continuer à le hanter.
    
    Parfois, lors des déplacements pour les matchs de rugby, Thibault s’était parfois retrouvé à dormir dans la même chambre, et parfois dans le même lit que son Jéjé.
    
    Délice et torture, de redécouvrir et devoir maîtriser à chaque fois la brûlante envie de retrouver cette complicité des esprits, des corps et des plaisirs qu’il avait ressenti cette fameuse nuit sous la tente.
    
    A ...
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