1. Chronique d'Uchronia (1)


    Datte: 31/07/2021, Catégories: Divers, Auteur: Lewis Lestrange, Source: Xstory

    ... nous venons de faire, répliqua Nelson dans un paroxysme de flegme britannique.
    
    — Amiral, vous savez, j’ai toujours détesté Napoléon, et je sais que vous trouverez la mort en combattant sa flotte, d’ici quelques années.
    
    — Peuh ! Croyez-vous vraiment, Madame, m’effrayer avec vos prophéties de bohémienne ?
    
    — Je sais aussi que vous poursuivez l’actuelle flotte de Napoléon depuis plusieurs jours à travers toute la Méditerranée.
    
    — Tout le monde le sait.
    
    — Et qu’il a réussi à vous damer le pion à Malte.
    
    — Hm !
    
    — Et qu’actuellement, sa flotte est tout entière stationnée dans la baie d’Aboukir où elle attend, sans la moindre surveillance, que vos canonniers l’envoient par le fond. En attendant, bon vent, amiral. Le devoir m’appelle ailleurs.
    
    « Aboukir ? », songea Nelson. « Vraiment ? »
    
    Après tout, cela valait le coup de vérifier. Résultat : deux jours plus tard, Nelson capturait neuf bâtiments français et en coulait quatre autres lors d’une bataille sans précédent, ce qui lui permit de déclarer en toute modestie que « Victoire n’est pas un nom assez fort pour qualifier une telle scène. »
    
    Evidemment, il n’aurait pas pu imaginer que, pendant ce temps-là, Tatiana abandonnait la couche d’Emmanuel de Grouchy en ce petit matin du 18 juin 1815 après plusieurs heures d’une débauche si intense qu’elle laissait le maréchal dans un état d’hébétude avancée et de grande lassitude physique. Il lui faudrait un sacré repas pour s’en remettre. Avec des fraises. Beaucoup ...
    ... de fraises. À cette même heure, Blücher marchait tranquillement vers Waterloo pour offrir la victoire aux Coalisés.
    
    Autant vous le dire tout de suite, Aboukir et Waterloo ne furent que le début des exploits de Tatiana : par des sauts réguliers en 2118, elle dépensait sa fortune pour s’ouvrir les avantages de la médecine du futur, laquelle se jouait de l’âge et pouvait effacer, au gré des patients, tous les effets physiques de plusieurs années de vie. Un bon petit bain rejouvençant à deux millions de dollars, et hop ! Une Tatiana trentenaire flétrie par la débauche vous ressortait fraîche de ses vingt ans et résolue à toutes les paillardises.
    
    C’est ainsi que, quelques heures après Grouchy, elle séduisait Charles VII sous l’identité d’Agnès Sorel, tout en menant de front une deuxième vie de coucheries sous le nom de Marie Boleyn, et même une troisième sous celui de Sophie Arnould.
    
    Le suicide de Boulanger sur la tombe de Marguerite de Bonnemain en 1891 ? Un geste de remords après avoir trahi la mémoire de son grand amour avec, vous l’avez deviné, Tatiana.
    
    La condamnation à mort du doge Marino Faliero en 1355 ? Une sombre histoire ourdie par des complots où sexe et politique s’entremêlent grâce au talent de Tatiana.
    
    La cassure du nez du Sphinx à Gizeh ? Le résultat malheureux de la combinaison d’un apprenti sculpteur, d’un échafaudage branlant, d’un ciseau mal tenu et d’une levrette maladroite avec, je vous le donne en mille, Tatiana.
    
    Les démêlés incestueux de ...
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