1. Super-X


    Datte: 29/07/2021, Catégories: fh, fhhh, Oral sf, Auteur: Hidden Side, Source: Revebebe

    ... recula en me dévisageant. Pour la première fois depuis deux mois, elle affichait une expression de malaise, pratiquement de peur. Étais-je en train d’échapper à son emprise ?
    
    — Bon j’y vais ! À plus…
    
    Sans un regard en arrière, je quittai l’appartement. Et cette fois, c’est moi qui claquai la porte.
    
    -- 11 --
    
    L’idée de Léa était de frapper cet après-midi même, afin de profiter à fond de l’effet de surprise. C’était notre seule arme. Littéralement parlant. De toute façon, je n’avais guère le choix, les flics pouvant me tomber dessus à tout moment. Si, en me levant ce matin, on m’avait dit que je ferais sauter le gouvernement de mon pays avant la fin de la journée, j’aurais bien ri ! En attendant, j’essayais d’oublier qu’il s’agissait là d’une sorte de mission-suicide…
    
    Quittant la rame automatique, je remontai en surface. Je commençais à me sentir fébrile. Tout ça manquait de préparation, ça semblait trop précipité, presque amateur. En arrivant devant le ministère, une boule d’angoisse me tordit le ventre. Je vis Léa en tournant au coin de la rue. Installée à la terrasse d’un café, elle sirotait une boisson. Je me forçai à ne pas aller vers elle. Elle ne détourna même pas la tête. Ses Gucchi opaques ne me permettaient pas de voir ses yeux.
    
    — T’inquiète pas, elle t’a vue, marmonnais-je. Cette fille te laissera pas tomber.
    —Bien. Et si ça tourne mal ? C’est elle qui empêchera les flics de te coller une balle dans le crâne?, objecta une deuxième voix, nettement ...
    ... moins assurée.
    
    Comme dans un rêve nébuleux, je passai les détecteurs de métal, les portillons biométriques, saluai les vigiles. À part quelques hochements de têtes, personne ne me prêta attention. Au bout d’un couloir gris béton, je poussai finalement la porte de mon service. Camille, le secrétaire du big boss, haussa un sourcil épilé.
    
    — Loïc ? Tu ne devais pas prendre ta journée ?
    — J’ai un truc à finir, répondis-je. D’urgence.
    
    Ne se préoccupant plus de moi, Camille replongea le nez dans son travail, effleurant rapidement les touches de son clavier laser. Je ne pus m’empêcher de me demander si lui aussi était au courant. Parmi tous ces gens, combien savaient que j’étais un faussaire, un imposteur ? Tous, peut-être ? On se croisait, on se saluait, on bouffait la même merde à la cafétéria du ministère. Et, pendant ce temps, ils m’épiaient en douce, surveillant le moindre de mes faits et gestes avec un sourire faux collé sur leurs faces de fouines… J’en avais la nausée.
    
    — Camille, je peux te demander un service ? Je voudrais qu’on ne me dérange pas. Un dossier de première importance…
    — Pas de problème, je prendrai tes appels. Et je passerai la consigne.
    
    Je me coulai dans mon bureau, où je m’enfermai en soupirant. Le plus dur était encore à faire… Une enveloppe anonyme m’attendait sur mon plan de travail. Je l’ouvris, y trouvai une puce mémoire et une feuille de vrai papier, barrée de deux lignes :
    
    Fais attention à toi, Loïc.Et quoi qu’il arrive, n’oublie pas ...
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