1. 0211 Viens voir, je te dis….


    Datte: 11/07/2021, Catégories: Entre-nous, Les hommes, Auteur: Fab75du31, Source: Hds

    ... voir avec celle du matin. Pris de panique je ne sais plus quoi faire. Je tire sur les rênes comme un malade, les mains à des hauteurs inimaginables. Je serre mes jambes, j’appuie sur mes étriers, j’essaie de me pencher en arrière pour tenter de l’arrêter. Mais rien n’y fait. A un moment, elle semble ralentir. T’as qu’à croire, elle repart de plus belle, au triple galop.
    
    A ce moment-là, je suis toujours sur son dos. Et je me pose mille questions. La fondamentale : Pourquoi ai-je acceptée de remonter à cheval ? (J’entends encore la citation de JP : le cheval est un moyen dangereux à l’avant, à l’arrière…) La pratique : Comment l’arrêter ? Et enfin, la cruciale : quand et comment vais-je tomber ? Le fait est que plus ça va, plus ma jument semble avoir tendance à baisser son encolure. Je me vois passer par-dessus sa tête, je me vois écrabouillé par la douce caresse de ses sabots.
    
    N’étant pas du gendre à attendre que ça tombe (ici ce n’est pas juste une expression), je décide de prendre les devants. Lorsque Tequila atteint la vitesse MACH1 (c’est l’impression que j’ai), dans ma tête c’est décidé : je vais me laisser glisser sur le côté pour éviter le pire. Dans ma tête en panique totale, je cherche la façon de le faire en prenant le minimum de risque. T’as qu’à croire…
    
    Je déchausse les étriers et je me laisse glisser lentement sur le côté droit de Tequila. Et je tombe. L’impact avec le sol est violent. Ma tête heurte le sol et ça fait un bruit sourd et impressionnant dans ...
    ... la bombe. Et je roule dans l’herbe. J’ai mal aux côtes. C’est tellement douloureux que j’ai du mal à respirer. Je me demande si je vais perdre connaissance. Je me demande plus que jamais pourquoi j’ai accepté de monter à cheval. Pourquoi j’ai fait confiance. Quand je pense qu’on m’a répété mille fois qu’avec Tequila je ne risquais rien…
    
    « Nico ! Nico ! Nico ! » j’entends au loin la voix paniquée de Jérém.
    
    « Ca va, Nico ? » il me demande, lorsqu’il arrive près de moi, la voix et le regard chargés d’angoisse.
    
    « Je crois que je suis toujours vivant… ».
    
    « T’as mal où ? ».
    
    « Aux côtes… ».
    
    « Je suis désolé, tout est de ma faute… je n’aurais jamais dû te faire monter sans une véritable préparation… » il se morfond.
    
    « Arrête… » je le coupe.
    
    « Comment il va Nico ? » fait JP en descendant de son cheval, la voix calme mais l’air grave.
    
    « J’allais mieux avant… ».
    
    « Bon, tu n’as pas perdu ton humour, c’est deja ça… blagues à part, on va appeler le Samu… ».
    
    « Oui, on appelle le Samu » répète Jérém qui n’a pas vraiment l’air dans son étant normal.
    
    « Non, attendez un peu… je ne crois pas que ce soit si grave… ».
    
    « Tu arrives à bouger ? » se renseigne mon bobrun.
    
    « Oui… ça devrait le faire… ».
    
    « T’es sur de toi, Nico ? » fait JP.
    
    « Oui, je crois… ».
    
    « On est tous tombés de cheval un jour ou l’autre… » fait Carine.
    
    « Quand je pense qu’on m’a répété mille fois qu’avec Tequila je ne risquais rien… » je tente de rigoler, malgré la douleur aux ...