1. Jérém&Nico Saison 2 Episode 01 Recommencer sans lui.


    Datte: 23/06/2021, Catégories: Entre-nous, Les hommes, Auteur: Fab75du31, Source: Hds

    ... partir ; ce regard qui jurait avec son attitude agressive, méprisante, offensante, ce regard qui était certainement le reflet de son véritable état d’esprit au-delà de sa colère, de sa vulgarité, de son mépris, de son état d’ivresse : l’état d’esprit d’un gars paumé.
    
    Je me suis souvent demandé quel était le vrai Jérém, celui de ses actes et de ses mots, impulsifs, virulents, dictés par ses craintes, par son ego ; ou bien celui de ses regards, des regards qui ne mentent pas.
    
    Maintenant, je sais ; maintenant, j’en suis certain, Thibault avait raison : au fond, Jérém, n’est qu’un animal blessé qui se débat, qui réagit à sa souffrance par la violence.
    
    Thibault avait pris la mesure du danger bien avant et bien mieux que je ne l’avais fait ; il m’avait prévenu que Jérém n’était pas bien, et qu’il risquait de partir en vrille au moindre grain de sable.
    
    On ne peut rien contre le destin : pourtant, dans des moments comme celui-ci, cette évidence ne nous est d’aucun secours.
    
    Ce matin, je regrette profondément l'impression que j’ai donnée à Jérém la nuit dernière : l’impression que, pour la première fois, c'était moi qui m’éloignais de lui.
    
    En choisissant de partir avec Martin, j’ai voulu lui montrer que je ne suis pas son petit chien, ni son punching-ball ; j’ai aussi voulu tester sa jalousie, tester ce que je représente à ses yeux, au-delà de ses mots mauvais de ses attitudes de macho. Mais avant tout, j’ai voulu me préserver de souffrir à nouveau à cause de lui. ...
    ... Pour la première fois, j’ai pensé à moi, avant de penser à lui.
    
    Si seulement j’avais su trouver les bons mots pour le retenir, la soirée aurait pu être différente. Et à l’heure qu’il est, Jérém ne serait pas inconscient dans un lit d’hôpital.
    
    Mais est-ce que les bons mots pour retenir quelqu’un d’aussi paumé que Jérém, existent seulement ?
    
    Ce matin, je me dis que oui, ils existent.
    
    J’aurais pu commencer par m’excuser de l’avoir frappé, par lui dire qu’il est la plus belle chose qui me soit arrivée dans la vie ; à sa question : « Ça y est, tu es à nouveau « amoureux » ? », j’aurais dû répondre que je n’ai jamais cessé de l’être, mais de lui, et de lui seul ; j’aurais dû lui dire ce que je me suis retenu de lui jeter à la figure : lui dire que Martin n’avait pas pris sa place, qu’il était juste là pour me faire oublier ma tristesse de ne pouvoir être avec lui ; j’aurais dû lui dire que mon cœur n’aspirait qu’à le retrouver, lui ; j’aurais dû le prendre dans mes bras, le serrer très fort contre moi, et me laisser aller, lui dire et lui redire à quel point je l’aime comme un fou, lui en donner le preuve en laissant partir Martin une nouvelle fois.
    
    Et j’aurais dû lui proposer de rentrer avec lui. Je n’aurais jamais dû le laisser seul, dans l’état qu’il était. Rentrer où, d’ailleurs ? Il n’a plus de chez lui, il est parti de chez Thibault : je n’allais pas quand même l’accompagner chez sa pouffe. Si, j’aurais dû.
    
    Non, j’aurais pu l’inviter dormir à la maison : bien ...
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