1. Jérém&Nico Saison 2 Episode 01 Recommencer sans lui.


    Datte: 23/06/2021, Catégories: Entre-nous, Les hommes, Auteur: Fab75du31, Source: Hds

    ... droit au but.
    
    « Oui… oui… comment tu sais ? » fait-il, la voix faible et émue.
    
    « Il est vivant ? ».
    
    « Oui, oui ! Mais il est inconscient, depuis trois heures maintenant… ».
    
    J’ai la tête qui tourne, je ne me sens partir. La fatigue, le stress, la peur : je sens la migraine monter à grand pas, j’ai du mal à respirer.
    
    « Il est où ? ».
    
    « A Purpan… en neurologie… ».
    
    « Qu’est-ce qu’il s’est passé ? Un accident de voiture ? ».
    
    « Non, il y a eu une bagarre… ».
    
    « Une bagarre ? ».
    
    « Apparemment, il était saoul… il s’est pris le bec avec un mec dans la rue… ils se sont battus, il a trébuché, et sa tête a heurté violemment contre un mur… et il a perdu connaissance… ».
    
    « Tu es avec lui ? » je tente de me rassurer, comme si la présence de Super Thibault à ses côtés était un gage du fait que les choses ne puissent pas tourner au pire.
    
    « Oui, j’y suis depuis deux heures… depuis qu’un pote pompier m’a appelé… ».
    
    « Pourquoi tu ne m’as pas appelé plus tôt ? ».
    
    « Je voulais avoir des infos plus précises avant… je ne voulais pas t’inquiéter pour rien… j’espérais qu’il se réveillerait rapidement… ».
    
    « Qu’est-ce que disent les médecins ? ».
    
    « Il est en train de passer un scanner en ce moment même… ils ne peuvent pas se prononcer sans examens… ».
    
    Je pleure en silence. Les secondes s’enchaînent, je n’arrive plus à décrocher un mot, j’ai l’impression que le monde s’effondre autour de moi.
    
    « S’il te plait, Nico, viens vite… » j’entends Thibault ...
    ... chuchoter en pleurant.
    
    « Tu crois qu’il pourrait… ».
    
    « Je n’en sais rien, je me refuse de penser au pire, mais viens… viens, Nico… ».
    
    Sentir un mec aussi solide que Thibault complètement anéanti, c’est insoutenable. Même par téléphone interposé.
    
    « J’arrive… ».
    
    Je prononce ces mots mécaniquement, comme dans un état second. Je n’arrive même pas à réaliser ce qui en train de se passer ; je n’arrive pas à me dire que Jérém pourrait ne pas s’en sortir ; à me dire que je pourrais perdre Jérém non seulement à cause de nos différences ; mais carrément parce qu’il ne pourrait plus être là, demain.
    
    Je m’habille en catastrophe, en sanglotant ; je laisse un mot pour maman sur la table de la cuisine : « Je vais courir sur le Canal ».
    
    Et je sors. Dans la rue, je suis confronté à la fraîcheur du matin, plutôt mordante ; au vent d’Autan, toujours présent, toujours aussi puissant.
    
    Mais aussi à l’odeur de pain chaud et de croissant sortant d’une boulangerie, à la bonne humeur de deux passants qui se croisent, se lancent des sourires, se disent bonjour, s’arrêtent pour discuter ; à la fleuriste en train de rigoler avec le gars du kiosque à journaux ; à un beau garçon qui promène son Spitz sur le trottoir d’en face.
    
    Bref, la ville se réveille peu à peu, une nouvelle journée commence. Une journée comme toutes les autres, pour tous les autres : mais pas pour moi.
    
    Car pour moi, accablé par cette horrible nouvelle, assommé par un état de fatigue extrême, tenaillé par la ...
«12...567...18»