1. Araignée du matin : chagrin


    Datte: 04/04/2021, Catégories: fh, jardin, pénétratio, conte, Humour merveilleu, merveille, Auteur: Saya

    — Au secouuuuuurs !
    
    La démente personne en train de s’égosiller comme un perroquet durant la saison des amours, c’est moi ! Le timbre de ma voix peut être fort, puissant si je le désire. Il est fait pour séduire, pour titiller, pour émoustiller… et il est idéal aussi pour vous ôter définitivement le sens de l’ouïe ! On me le dit souvent « Mayu, arrête de crier ! Tu cries trop fort, tu vas me rendre sourde ! » Ce à quoi je réponds par un tonitruant « Mais non je ne crie pas, c’est toi qui hurles ! » Mais je me rends compte que je me perds déjà dans mon récit.
    
    Pourtant, j’ai une très belle voix. On ne me le dit pas souvent, mais je suis certaine que c’est vrai ! Si NOUS avions, NOUS aussi, une saison des amours, je crois bien que ma liste de prétendants serait fort, fort longue. Je ne me vante pas, je dis juste la vérité ! Enfin… NOUS n’avons pas de saison des amours comme les perroquets et c’est bien dommage. Mes performances orales, je vous le répète, auraient fait chavirer plus d’un cœur.
    
    Étrangement, je perds ma belle voix lorsque je me retrouve nez à nez avec une grosse bestiole velue, avec des mandibules bien tranchantes, huit pattes et plusieurs paires d’yeux. Un peu comme les araignées en fait. Vous me direz, bien sûr, que beaucoup de femmes ont peur des arachnides sous prétexte que c’est justement velu, avec des mandibules bien tranchantes, huit pattes et plusieurs paires d’yeux. Et, le plus souvent, ces femmes-là, ces femmes auxquelles vous pensez, il ...
    ... leur suffit de concevoir que, après tout, ce n’est pas la petite bête qui va manger la grosse bête.
    
    — Au secouuuuuurs, elle va me mangeeeeeer !
    
    Cette expression que je trouve incroyablement croustillante ne peut, hélas, s’appliquer à mon cas quand la fameuse petite bête fait très précisément ma taille. Si vous ne l’aviez pas déjà deviné, je mesure entre dix et quinze centimètres. Oui, vous allez me dire que c’est très petit… la taille d’un insecte !
    
    Mes bras et mes jambes se trouvaient solidement scotchés sur la toile de mon amie l’araignée, en partie englués dans une matière visqueuse, poisseuse et incolore. La « multiple yeux », quant à elle, était tranquillement installée dans un coin de sa toile en spirale, ses mandibules crachant déjà une salive collante et écœurante. Dans les nombreuses mirettes qui parsemaient sa grosse tête velue, on pouvait apercevoir le reflet d’une petite créature avec des jambes et des bras fins, une longue chevelure rose ébouriffée, des yeux roses, aussi, terrifiés et une magnifique paire d’ailes multicolores et transparentes : moi.
    
    Je sais, je sais, les fées, c’est pas commun et l’on voit souvent ça dans les contes à dormir debout. Mais elles existent bel et bien, sinon je ne serais pas là à raconter cette histoire ! Ravie de ma nouvelle tenue en cuir d’abeilles noires, je n’avais pas vu le piège à mouche que ce maudit insecte m’avait tendu. Et ainsi, me voilà attachée comme un vulgaire moustique et hurlant « Au secouuuuurs » pour la ...
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