1. Grands moments de solitude (5)


    Datte: 11/01/2021, Catégories: Partouze / Groupe Auteur: Exorium

    Le lendemain, le sable avait séché. Et on s’est fait une orgie de soleil, de mer et d’huîtres.
    
    – Qu’est-ce qu’on est bien !
    
    Ah, ça, elle pouvait le dire, Pauline.
    
    – Et ça passe nickel, en plus, tous les quatre.
    
    – Il y a pas de raison.
    
    D’autant mieux qu’évoquer ces souvenirs, là, comme on le faisait, ça créait un climat vraiment très très complice, elle trouvait, elle, Chloé. Pas nous ?
    
    – Si ! Si ! Bien sûr !
    
    Et elle se posait une question. Parce que là, c’était toujours avec des inconnus qu’on s’était trouvés dans ce genre de situation. Mais avec des gens qu’on connaissait ? Ça nous était jamais arrivé avec des gens qu’on connaissait ?
    
    – Si, moi !
    
    – Toi, Océane ?
    
    – Et à la fac, en plus !
    
    – À la fac ? Oh, faut que tu nous racontes ça ! Faut absolument que tu nous racontes ça !
    
    Julien a proposé.
    
    – Ce soir alors ! À l’intérieur. Et à poil ! Comme moi, hier. Il y a pas de raison.
    
    Elles ont fait chorus. C’était vrai, ça ! Il y avait pas de raison.
    
    * *
    
    *
    
    Je me suis déshabillée, assise au bord du lit.
    
    – Allez, vas-y ! On t’écoute…
    
    Chloé s’est confortablement installée à mes côtés. En compagnie de Julien, sur les cuisses duquel elle a posé sa tête. Comme la veille.
    
    Et j’ai commencé.
    
    – C’était en mai dernier. Je venais de rencontrer Dimitri. Ça a pas duré très longtemps tous les deux, mais bon, c’est une autre question. Et donc, un soir, ce qui n’était pas du tout prémédité, je me suis retrouvée chez lui. Sans affaires de rechange. On a fait les fous. On a chahuté. Et, par jeu, il m’a arraché la culotte avec les dents. En lambeaux il me l’a mise. Irrécupérable. Et donc, pas d’autre solution, le lendemain matin, que de m’en passer. Et de filer à la fac comme ça. D’un côté, j’avais mon sac, plein comme il est pas permis et, de l’autre, cinq ou six bouquins achetés la veille que j’avais, pour les maintenir ensemble, entourés d’une sangle. Je traversais tranquillement le campus quand il y a eu brusquement une bourrasque d’orage. D’une intensité et d’une violence inouïe. On était en mai. Je portais une robe légère sous laquelle le vent s’est engouffré. Une robe qui a claqué comme un drapeau. Qui s’est soulevée. Relevée haut. Jusque sur les hanches. Devant. Derrière. J’ai lutté pour la rabattre, comme j’ai pu, tant que j’ai pu. Maladroitement et sans succès, encombrée que j’étais de mon sac et de mes bouquins. J’aurais dû les lâcher, mais je m’accrochais à eux, au contraire, comme à une bouée. Et ce coup de vent qui durait, mais qui durait ! Qui a tout de même fini, à mon grand soulagement, par retomber. Ma robe aussi… Est-ce qu’on avait vu ? Un petit coup d’œil autour de moi. Derrière moi. Aussi discret que possible. On avait vu, oui. Deux types, sur la droite, que je ne connaissais pas, hilares. Un autre, un peu plus loin, qui me couvait d’un regard stupéfait. Et puis… Et puis surtout, il y en avait quelqu’un qui m’attendait derrière la porte du hall, qui me l’a tenue, avec un grand sourire. ...
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