1. Dans le noir (8)


    Datte: 04/10/2020, Catégories: Hétéro Auteur: Anthynéa, Source: Xstory

    ... pouvez le mettre dans vos contacts et si votre appareil fait des photos, vous prenez mon visage pour lui montrer ma bouille.
    
    — C’est une bonne initiative ça. Je n’y aurais pas songé. Oui ! On va faire comme ça. Et si c’est d’accord, je prends contact avec vous. Pour samedi soir par exemple, si vous êtes libre.
    
    — Je me libèrerai pour vous si le besoin s’en fait sentir. Sans vous mentir l’idée de… m’excite déjà.
    
    — Bien alors ! Merci pour le café et on voit cela lui et moi.
    
    — Ben… si c’est non, vous pourrez toujours mettre à la corbeille mon numéro et ma photo et voilà tout.
    
    — Ça me convient bien… mais je pense qu’il trouvera mon choix judicieux.
    
    Cette longue discussion, entrecoupée d’une pause photo, a sans doute intrigué le serveur qui nous reluque du coin de l’œil. Mais il ne dit rien. Et lorsque Norbert me serre la main pour me dire au revoir, je le sens tout comme je le suis, oppressé. Son cœur et le mien battent à une vitesse folle. Je suis heureuse qu’il m’ait écouté jusqu’au bout, sans me juger, sans commentaires désobligeants. Et je l’aperçois qui dans sa voiture s’essuie le front à nouveau. Il doit, comme je le fais, se demander si ce n’est pas un rêve.
    
    Mon retour à la maison se fait dans une sorte de brouillard. Je me pose à nouveau mille questions. Comment vais-je t’annoncer cette rencontre inattendue avec ce type ? Vas-tu me croire quand je te dirai qu’il ne s’est rien passé ? Et puis après tout c’est toi qui m’as demandé cela, alors tu ne peux ...
    ... pas m’en vouloir. Mais entre se le dire et te l’entendre toi en parler, il y a un grand fossé qui me fait peur. Donc notre soirée se déroule dans le calme sans que j’ose amener sur la table le sujet qui me rend fébrile. Un comble tout de même. J’envisage la possibilité de te mettre devant le fait accompli le samedi soir.
    
    Puis l’instant d’après, je me ravise. Ce ne serait pas correct puisque tu m’as laissé carte blanche pour dénicher l’oiseau rare, tu ne vas pas m’en vouloir de l’avoir fait. Enfin surement pas, j’ose l’espérer. Après le film que je n’ai regardé qu’en pointillés, tu viens me titiller un peu et c’est un excellent dérivatif que cette partie de jambes en l’air qui nous réunit. Tes caresses me détendent un peu les nerfs, plutôt mis à rude épreuve, je l’avoue depuis mon retour au bercail. Et dans le domaine du sexe, tu es doué !
    
    Avant de nous endormir, c’est toi qui d’un coup facilites ma confession. Tu me ramènes sur le tapis, dans l’espoir secret de rebander peut-être, cette demande que je jugeais avant ce matin encore bien déplacée.
    
    — Alors ma chérie ? Tu as repensé à notre petite… soirée ?
    
    — À ce propos… je dois te dire que ce matin aux halles…
    
    Je marque une longue pause, respiration bloquée attendant tes réactions. Mais tu te contentes de serrer un de mes seins un peu plus fort.
    
    — Vas-y dis-moi ! Tu as trouvé quelqu’un ? Où ? Raconte-moi mon cœur !
    
    Et ta main serre un peu plus encore, presque à me faire mal.
    
    — Tu veux m’écraser le sein ? ...
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