1. Face à Face


    Datte: 01/11/2026, Catégories: #psychologie, #drame, #nostalgie, fh, ff, Auteur: Jane Does, Source: Revebebe

    ... qu’à moi…
    — Je vais devoir vous laisser. J’ai des milliers de trucs à faire et vous imaginez bien que les tracas administratifs sont nombreux… Merci pour le café et soyez sans crainte… je ne vous en veux pas. Vous l’avez à votre manière rendu heureux.
    — Vous voulez dire que nous étions… complémentaires ?
    — Vous avez trouvé les mots justes… c’est exactement le fond de ma pensée. Oui ! Nous pouvons raisonnablement croire qu’il est parti en se sentant aimé…
    — Merci… merci, Sylvie, d’avoir fait ce geste, d’être venue me prévenir… beaucoup ne l’auraient pas fait.
    — Ça changerait quoi de nous battre ? Il n’est plus là et personne ne décide qui il aime ou pas. Nos sentiments nous dépassent toujours, quand ils sont vrais. C’est une évidence, Michel vous aimait… comment lui reprocher cela ?
    — Je… je suis désolée… je ne sais pas comment réparer le mal que j’ai dû vous causer…
    — Venez à ses funérailles… c’est aussi une façon de lui rendre hommage. Vous et moi toutes les deux… il apprécierait sûrement.
    — Ah… vous êtes sûre ? Les rumeurs, les qu’en-dira-t-on, les mauvaises langues quoi…
    — Je m’en fiche de l’avis des autres. C’est une affaire entre ma conscience, vous et moi et ce qu’il reste encore de lui. Les autres… qu’ils aillent penser ce qu’ils veulent. C’est aussi bête que ça. C’est moi qui vous demande de venir.
    — … !
    — J’ai besoin de me raccrocher à des choses plus terre à terre, très matérielles. Un livre qu’il a lu et qui reste ouvert sur la table du salon, une ...
    ... photo des jours heureux et… à vous aussi puisque vous occupiez une place très spéciale dans sa vie… et du même coup, dans la mienne.
    — Je… c’est très beau ce que vous me dites là… oui ! Je vais aller le voir, Sylvie.
    — Peut-être pourrions-nous ensemble faire ce voyage pour le saluer ? Vous voulez bien que nous allions lui faire un dernier baiser commun ? Pour qu’il sache combien il nous était précieux.
    — Pourquoi pas ? Et puis… à deux, nous serons plus fortes dans la douleur et le désespoir !
    
    Le regard qu’elle lève vers moi a quelque chose d’indéfinissable. Pourquoi ai-je le sentiment que dans ces deux billes émeraude qui me scrutent, il y a comme un reflet des quinquets de ce Michel qui nous manque autant à l’une qu’à l’autre ? Sa main fébrile soulève sa tasse, et malgré le brouillard qui me brouille la vue, je devine le tremblement de ses lèvres qui vident d’un trait le breuvage au ressenti d’un coup plus amer. Puis lentement, elle se redresse. Je sais qu’elle va quitter ma cuisine, ma maison et bon sang que j’ai mal à sentir le poids de l’immense solitude qui va soudain, me peser sur les épaules. Je l’accompagne sans un mot, jusqu’à la porte. Dans ma tête… je maudis déjà ce jour de notre rencontre, à cette Sylvie et moi…
    
    — xXx —
    
    À oublier également ce moment de recueillement qui nous réunit toutes deux, dans la chambre mortuaire où avant l’ouverture nous sommes venues ensemble lui dire toute notre peine. À la droite du gisant et Sylvie face à moi, chacune une main ...
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