1. Un mystère de Noël


    Datte: 27/10/2026, Catégories: nonéro, #conte, Auteur: giordano, Source: Revebebe

    ... mais je me vois déjà le lendemain au commissariat déclarer les pertes, faire opposition pour les chèques et la carte bancaire, mais la banque sera fermée demain, puis accomplir péniblement toutes les formalités administratives pour retrouver les papiers, puis chercher dans l’ordinateur de l’entreprise pour essayer de reconstituer mes dossiers, mais ce sont les vacances et je ne pourrai pas avant janvier, bref le moral est plutôt bas.
    
    En plus, je culpabilise, parce que c’est évident, on ne laisse pas son sac en vue dans une voiture, même s’il fait nuit et si le quartier est on ne peut plus tranquille.
    
    Enfin, me dis-je, ils m’ont laissé la voiture, c’est déjà quelque chose.
    
    Mauvaise nuit, vous vous en doutez.
    
    Le lendemain, je m’apprête à me rendre à reculons à l’hôtel de police, mais pourquoi appellent-ils ça un hôtel, quand je reçois un appel téléphonique :
    
    La surprise passée, je me mets en route et trente minutes après, je sonne chez ce Monsieur qui ne me fait pas entrer et me donne le sac. Heureusement qu’il ne pleut pas, car je suis sur le trottoir. J’essaie de comprendre, encore ébahi.
    
    — Je suis le responsable de l’association d’animation autour de la paroisse, explique-t-il, et au sortir de la messe de minuit, des fidèles ont trouvé ce sac à la porte de l’église et me l’ont confié.
    — Mais comment est-il arrivé là, on me l’a volé dans ma voiture et…
    — Avant que nous ne sous séparions, avec des amis et moyennant quelques appels téléphoniques, il s’est ...
    ... avéré que votre sac a été retrouvé, visiblement jeté depuis la rue par-dessus le mur, dans le jardin jouxtant l’église. Les habitants de la maison, ne sachant qu’en faire, l’ont posé à la porte de l’église en pensant probablement que si vous étiez du quartier, quelqu’un pourrait vous connaître, ou je ne sais pas, ils s’en sont remis à la providence. Mais hier soir, c’était la fête et c’est ce matin seulement que je me suis permis de fouiller le sac. J’y ai trouvé vos papiers et un carnet dans lequel vous aviez mis votre numéro de téléphone.
    — C’est incroyable, dis-je avec sans doute un air idiot, mais un grand sourire qui doit être contagieux parce qu’il me sourit également.
    — Je n’ai regardé que vos papiers d’identité et le carnet, rien d’autre, s’excuse-t-il.
    — Oh, il n’y a pas de secret, vous savez, c’est un sac essentiellement professionnel.
    — Bon. Tout s’arrange. Mais veuillez m’excuser, je suis un peu occupé, ce matin.
    
    Comment tout cela est-il possible ? Je me sens confus de le retarder, à la fois soulagé, heureux et perturbé. Je regarde mon sac sans y croire encore et pourtant c’est bien lui, je le touche ! Mon vieux sac de cuir noir, qui me suit depuis si longtemps. L’homme est pressé, certes, mais je ne peux pas partir aussi vite.
    
    — Comment puis-je vous remercier, lui demandé-je, vous et tous ceux qui ont fait que le sac a été retrouvé ?
    — Eh bien, dit-il après un instant de réflexion, nous ne voulons pas de remerciement, c’est la providence qu’il faut ...