1. Un mystère de Noël


    Datte: 27/10/2026, Catégories: nonéro, #conte, Auteur: giordano, Source: Revebebe

    Bonjour,
    
    Je ne sais pas écrire. Enfin pas comme celles et ceux qu’ici j’admire. C’est mon premier texte, mais je ne demande aucune indulgence, assumant mes limites et n’ayant aucune prétention à concurrencer Alphonse Daudet. Oui, « Les trois messes basses » est mon conte préféré, « Plus vite, Garrigou, plus vite », dont je ne résiste pas au plaisir de vous rappeler un passage :
    
    Des Noëls blancs de neige, j’en ai connu quelques-uns, mais peu, ayant toujours vécu dans une région au climat doux, mais cette phrase « des Noëls blancs de neige », comme un tableau des Brueghel, m’a suivi tout au long de ma vie. Cela fait partie du mystère de Noël.
    
    Si j’écris peu, je lis beaucoup. Et je lis rêve et le calendrier. Aujourd’hui, en un éclair, l’idée de ces contes et poèmes quotidiens a fait remonter à ma mémoire un épisode de ma vie. Une sorte de conte de Noël vécu et que j’ai eu brusquement envie de partager avec vous.
    
    C’est en quelque sorte un conte réel. Oui, j’ose un oxymore ! Après tout, ce soir je me lâche, alors pourquoi pas un oxymore ? Un conte de Noël réel. Mais un conte peut-il être réel ? Est-ce un conte si c’est réel ?
    
    Oui, puisque je vais vous le conter.
    
    C’était, voici, disons une bonne vingtaine d’années. Le vingt-quatre au soir, évidemment. Avant d’aller fêter Noël en famille, il me vient l'envie de porter une petite bûche à une vieille dame seule que je connaissais depuis longtemps, me disant que cela lui ferait du bien de voir un ami, ce soir où la ...
    ... solitude lui pèserait sans doute plus lourdement. Je l’appelle et elle ne me cache pas sa joie de mon initiative, précisant qu’elle me préparerait un thé noir, se souvenant, et cela m’a touché, que c’était mon préféré.
    
    Nous devisons et partageons la bûche et le thé.
    
    Moment d’émotion à égrener les anciens jours de fête pour elle révolus.
    
    Le moment venu, je prends congé non sans lui promettre de venir plus souvent, tout en n’étant pas certain de pouvoir tenir cet engagement. Mais le soir de Noël est toujours particulier.
    
    Celui-ci le fut, et je ne me doutais pas à quel point.
    
    En entrant dans ma voiture garée dans la petite rue, juste à côté d’une église en béton, pas belle, de celles qui ont été construites en grand nombre dans les villes à la fin du XIXe siècle, je vois du verre sur le siège passager, puis je cherche à comprendre et mes yeux se lèvent sur la vitre cassée. Cela me fait revenir au présent : j’y avais laissé mon sac. Mon sac en cuir souple, avec bandoulière, qui ne me quitte jamais. Mon cœur s’emballe. Des documents difficiles à remplacer, des mois de travail, mes papiers d’identité, la carte bancaire, les diverses cartes et que sais-je encore. Pas d’ordinateur, je n’avais à cette époque pas de portable. Pas mon téléphone, il était dans ma poche de veste, heureusement.
    
    Soirée de Noël bizarre. On m’aide à colmater la fenêtre avec des cartons et un ruban collant et j’essaie de faire bonne figure pour ne pas gâcher la fête. Bien sûr, chacun compatit, ...
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