1. L'art et la manière


    Datte: 25/10/2026, Catégories: Humour #psychologie, #personnages, Auteur: Laetitia, Source: Revebebe

    ... dans une direction qu’elle-même n’imaginait pas. C’était certainement aussi un moyen d’échapper à ses réalités passées, à une vie pleine de compromis et de rêves écrasés, sur le chemin que son entourage issu de la bourgeoisie avait tracé d’avance pour elle.
    
    Tout avait commencé à 18 ans donc, lorsqu’elle avait quitté le domicile familial après une énième dispute avec son père au sujet de ses études. Ayant pris son indépendance, elle cherchait un moyen de gagner un peu d’argent pour financer ses études en cinéma, voie qui ne convenait pas à sa famille. Elle avait rencontré un producteur lors d’une soirée étudiante, qui l’avait convaincue de participer à un tournage. Certainement que ce type faisait son marché et cherchait de la chair fraîche lors des fêtes étudiantes.
    
    Le monde du X au début l’avait fascinée. Les caméras, les lumières, l’attention. Il y avait quelque chose de libérateur dans l’instantanéité de ce qu’elle offrait et de ce qu’elle recevait. Mais au fur et à mesure des années, cette industrie était devenue sa cage dorée. Un jour, elle décida que cela ne pouvait plus durer. Elle aspirait à sortir de sa zone de confort. Clémentine voulait écrire, raconter des histoires qui n’étaient pas juste des fantasmes filmés, mais des récits humains. Elle rêvait de créer des films qui briseraient les stéréotypes et montreraient la complexité de la sexualité, de l’intimité et de la vérité humaine. Et cela, non pas par honte, mais pour se réinventer plutôt, même si la ...
    ... société semblait déterminée à réduire son identité à un simple corps ou à une image de désir.
    
    oooOOOooo
    
    Ce soir-là, Clémentine n’avait pas particulièrement envie d’aller à ce dîner mondain organisé par Mathilde, sa sœur aînée. Elle connaissait Mathilde, brillante avocate, mais fidèle à la famille et restée très bourgeoise dans l’esprit, qui était terrifiée à l’idée que ses connaissances découvrent qu’elle partageait le même ADN qu’une fille dont le métier impliquait plus de nudité et de coïts divers et variés, que de plaidoiries. Clémentine adorait malgré tout Mathilde.
    
    — J’ai fait en sorte que tu sois placée auprès de gens intéressants à table, lui avait-elle soufflé en la poussant dans la salle à manger, un sourire crispé sur le visage
    
    Traduction : évite de parler de ton travail, s’il te plaît, et ne fais pas de vagues.
    
    Clémentine se retrouva assise à côté d’un certain Étienne Rambert, critique de cinéma à la posture rigide, à la rigueur intellectuelle, au regard légèrement méprisant et surtout au mépris assumé pour tout ce qui ressemblait de près ou de loin à du divertissement grand public. Il lâchait ses avis dans un de ces magazines intello et élitiste, qui se targuent de n’avoir que peu de lecteurs, mais la crème, l’élite.
    
    Ce type lui déplut au premier regard. Il portait, ce soir-là, un costume bien trop raide pour être confortable et avait un regard qui semblait peser et surtout juger, chaque mot prononcé par les autres convives.
    
    Malgré la promesse faite ...
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