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L'art et la manière
Datte: 25/10/2026, Catégories: Humour #psychologie, #personnages, Auteur: Laetitia, Source: Revebebe
Clémentine avait une particularité. Lorsque l’on abordait son métier, elle assistait à un spectacle fascinant. Le regard de ses interlocuteurs, qui avait du mal à masquer leurs sentiments face à elle, passait par trois phases bien distinctes. D’abord la surprise, puis le jugement, souvent accompagné d’un discret froncement de sourcils, et enfin ce petit sourire en coin mi-ironique mi-condescendant. De ce fait, elle avait appris très tôt à jouer avec les apparences. Il faut dire que son métier était tout de même assez particulier, pour le commun des mortels du moins. Clémentine, aujourd’hui âgée de 25 ans, avait commencé sa carrière à 18 ans dans un milieu que la plupart des gens évitaient de regarder de près, enfin officiellement. Chez eux, à l’abri des regards, c’était autre chose… Elle était actrice dans l’industrie pour adultes, comme on dit, sous le pseudo de Candy Love à l’écran. — Vous êtes actrice ? — Oui. — Dans quel genre de films ? — Disons, des films où l’intrigue est secondaire… — Ah… vous êtes dans le… euh… — Oui, voilà, je suis actrice, répondait-elle systématiquement. Elle s’amusait de leurs réactions. On la prenait pour une idiote. Une femme qui passe ses journées en petite tenue devant une caméra ne pouvait pas être futée, voyons ! Pourtant, elle n’était pas le stéréotype du personnage qu’on lui attribuait. Derrière le maquillage et les projecteurs, il y avait une personne bien différente des lieux communs. À quoi ressemble une ...
... hardeuse dans l’esprit du commun des mortels ? Demandez aux gens de vous dessiner une pornstar et vous obtiendrez une blonde à gros seins. Eh bien, pas Clémentine, alias Candy Love. La demoiselle a des cheveux bruns, son tour de poitrine ne dépasse pas le 85, bonnet A, et elle mesure à peine un mètre soixante pour cinquante-trois kilos. Préjugé tout ça, un peu comme l’épilation intégrale des actrices. Pareil, demandez toujours au fameux commun des mortels de vous parler du bagage intellectuel des actrices, la réponse sera unanime : superficielles, écervelées et incapables de tenir une conversation sur autre chose que… eh bien… leur spécialité. Pourtant, Clémentine était une jeune femme aussi vive que piquante, elle était brillante, drôle, son sens de l’humour était aussi affûté que son intelligence et sa culture. Derrière son sourire éclatant, il y avait un esprit alerte toujours prêt à démonter les idées reçues. Elle avait des avis et des opinions bien arrêtés, aimait discuter de littérature, de cinéma d’auteur et d’art en général. Mais, bien entendu, personne ne s’attendait à cela d’une actrice de films X. Longtemps, elle s’était rebellée contre les jugements. Elle s’était indignée, avait tenté d’expliquer, de prouver qu’elle n’était pas qu’un corps filmé en gros plan. Lassée, elle avait décidé de s’amuser avec ces clichés et elle s’en portait bien mieux. Voir notre ami, le commun des mortels, désarçonné, était assez drôle finalement. La vie l’avait poussée ...