1. Le sourire des loups


    Datte: 08/10/2026, Catégories: #société, #nonérotique, #personnages, Auteur: Laetitia, Source: Revebebe

    ... liaison.
    
    Son attaché de presse lui glissa discrètement :
    
    — Lemoine vous a regardée en direct. Il a demandé que vous passiez demain à Matignon. À midi.
    
    Elle sourit. Elle savait ce que ça voulait dire.
    
    Lemoine, le Premier ministre, aimait s’entourer de jeunes ministres « brillantes », mais exigeait loyauté, flexibilité… et parfois autre chose que Clara savait identifier chez les hommes de pouvoir. Ce besoin de conquérir, même brièvement, ce qu’ils ne pouvaient pas posséder autrement.
    
    Elle n’était pas naïve. Et elle savait parfaitement manier cette énergie-là.
    
    Clara s’engouffra à l’arrière de la berline avec sa responsable de communication et son attaché de presse. Les flashs crépitaient, les caméras tournaient. Rompue à ce genre d’exercice, elle avait lâché quelques mots quand les micros s’étaient tendus. Sur le trottoir, elle afficha un sourire rayonnant et, lorsqu’elle monta dans la voiture, elle remonta légèrement sa robe au-dessus du genou afin de découvrir une partie de sa cuisse, comme si c’était involontaire. Elle était certaine que cette photo serait dès le lendemain à la une. Un dernier sourire avant que le garde du corps ne ferme la portière et la berline démarra.
    
    La responsable de communication tapota à la vitre qui sépare l’arrière de la voiture et dit à l’attention du chauffeur et du garde du corps qui avait pris place devant :
    
    — Au ministère…
    
    Et pour Clara :
    
    — Il faut qu’on suive l’évolution des sondages
    — Non, répondit Clara. Je ...
    ... suis crevée. J’ai besoin d’une pause. On verra ça demain !! À la maison plutôt.
    — Vous êtes sûre ?
    — Oui, tout ça pourra attendre demain matin, j’ai besoin de me décontracter et de décompresser.
    — Comme vous voulez, Madame La Ministre.
    — Charles à la maison donc, dit Clara au chauffeur, avant de refermer la vitre de séparation.
    
    Dans les salons de l’hôtel Matignon, François Lemoine fixait l’écran noir, son doigt tapotant nerveusement sur l’accoudoir en cuir. Clara Danel avait du talent, oui, mais surtout, elle savait plaire. Trop peut-être. Et ceux qui plaisent trop… finissent par devenir dangereux.
    
    Il appuya sur le bouton pour rappeler son directeur de cabinet.
    
    — Je veux tout ce qu’on a sur elle. Tout. Même les trucs « hors cadre ».
    
    Le lendemain, à 12 h 03, Clara entra dans le salon Vert avec cette même assurance tranquille qui lui collait à la peau comme un parfum discret. Tailleur crème, blouse fluide, escarpins sobres, mais haut perchés, rien de vulgaire, mais tout dans l’allure disait qu’elle savait ce qu’elle valait, ou faisait croire qu’elle le savait.
    
    François Lemoine se leva, l’accueillit avec un sourire poli, pas chaleureux, pas froid non plus. Il avait cette manière de parler avec les yeux, d’évaluer, de scanner.
    
    — Clara ! Vous avez fait forte impression, hier soir.
    
    Elle haussa un sourcil amusé, sans jouer l’humilité.
    
    — Merci. C’est ce qu’on m’avait demandé, non ? Briller.
    
    Il lui désigna un fauteuil, puis se rassit en face d’elle. Le ...
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