1. Le sourire des loups


    Datte: 08/10/2026, Catégories: #société, #nonérotique, #personnages, Auteur: Laetitia, Source: Revebebe

    ... Bonne soirée.
    
    Il se détourna et sortit, sans un regard de plus.
    
    Clara resta seule. Le cœur battant. Non pas de peur, mais de rage froide. Elle venait de comprendre, ce n’était pas un jeu. C’était une exécution publique, différée.
    
    L’inconnu passa devant les vestiaires sans s’arrêter, il descendit les marches du perron latéral du club et sortit dans la nuit tiède.
    
    Une Mercedes noire aux vitres teintées stationnait, moteur tournant. Il ouvrit la portière arrière et s’assit sans dire un mot. Dans l’ombre, un homme l’attendait. Il avait une silhouette massive, il portait un costume anthracite, des lunettes à monture fine. Un cigare cubain à moitié éteint se consumait dans un cendrier en cristal. Il parla sans regarder l’autre.
    
    — Alors ?
    
    L’homme au masque, qu’il avait désormais retiré, répondit avec calme :
    
    — Elle est piégée. Pas de preuves directes bien évidemment. Mais suffisamment d’ambiguïté pour faire circuler les rumeurs. Assez pour que Lemoine prenne ses distances. Et Reynaud aussi, s’il a un peu de jugeote.
    
    L’homme au cigare esquissa un sourire.
    
    — Bien. Je n’aime pas les femmes qui s’imaginent être des hommes.
    
    Le premier homme sortit un petit enregistreur de sa poche.
    
    — L’image est floue, mais exploitable. Ça fait plus vrai une image floue. Elle est foutue dès que vous allez appuyer sur « play ».
    
    L’autre hocha la tête, puis tendit la main. Ils se serrèrent la main sans chaleur. Et l’inconnu sortit enfin de l’ombre. Le gros homme empocha ...
    ... le lecteur, avec un sourire satisfait. C’était Bernard Lair, le chef du parti, le maître des silences, l’architecte des ascensions et des chutes.
    
    — Il est temps de replacer les choses à leur juste place. Clara Danel ne sera jamais une héritière. Juste un épisode. Et il est presque terminé.
    
    La pièce n’avait pas de nom, pas d’adresse, pas d’existence. Officiellement, elle était un ancien appartement haussmannien désaffecté, propriété d’une fondation philanthropique. En réalité, c’était le cœur discret d’un cercle que peu connaissaient et que personne ne contrôlait.
    
    Ils étaient six autour de la table, tous en costume sombre. Il n’y avait pas de titres, pas de hiérarchie apparente, pas de noms surtout. On sentait juste l’habitude de l’exercice du pouvoir.
    
    L’un parlait très peu, c’était un ancien gouverneur de la Banque de France, avant d’obtenir un poste haut placé dans la pyramide du FMI. Un autre ne parlait jamais, le PDG d’un conglomérat énergétique, actionnaire de trois médias et propriétaire indirect d’une société de renseignement privée. Un troisième portait encore son écharpe tricolore, sénateur discret, arrivé à son quatrième mandat, vieux, mais encore redouté. Le plus jeune d’entre eux, lunettes d’avocat, ton détaché, résuma la situation :
    
    — Clara Danel est un animal politique imprévisible. Elle séduit trop vite. Trop fort. Elle échappe aux circuits classiques.
    — Elle est instable, renchérit le sénateur. Pas contrôlable. Et elle attire les caméras. Mauvais ...
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