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La course de ma vie
Datte: 07/10/2026, Catégories: fh, inconnu, forêt, campagne, jeu, Auteur: Rosenrot, Source: Revebebe
J’ouvre les yeux juste avant les premières lueurs du jour. Inutile de regarder le réveil, je sais qu’il est cinq heures du matin. C’est une routine à laquelle je suis habitué et que j’ai conservée de mon passage à l’armée en plus de ma coupe de cheveux caractéristique. Eh oui, je suis un soldat. Enfin, j’en étais un. Mon engagement de plusieurs années est maintenant terminé. Du haut de mes vingt-cinq ans, je me lève aux aurores, comme les vieux, bien que je sois encore jeune. Fort de cette expérience conséquente et marquante, devenu un homme, me revoilà pourtant au point de départ chez papa et maman. Ils habitent dans une petite ville. C’est un peu la campagne et il y a plus de verdure que de béton dans les environs. Je suis rapidement debout et prêt. Mon lit est fait comme tous les matins. Une autre habitude qu’apparemment j’ai gardée, c’est la course dès les premières heures du jour. Je ne suis pas le seul à être très matinal dans la famille. Papa est déjà réveillé et boit son café tranquillement dans la cuisine. Je me sers un grand verre d’eau avant de partir pour mon footing. Il me regarde avec son air amusé. — Pourquoi tu cours ? Tu fuis quelque chose ? Ou tu veux attraper quelque chose ? Hein ? Qu’est-ce qui te fait courir comme ça tous les jours mon Titi ? Oui, Titi, c’est mon surnom. Je ne pense pas qu’il me décrive de manière réaliste et adaptée. Je suis plutôt grand et assez costaud. Alors pourquoi Titi ? Simplement parce que c’est le diminutif de mon ...
... prénom, Timothé, avec lequel mes proches me désignent depuis que je suis tout petit. J’ai bien grandi depuis et le surnom, lui, est resté. Ce n’est pas la première fois que papa me pose cette question. Je crois qu’il me la pose tous les jours d’ailleurs. J’essaye de donner une réponse plausible à chaque fois. Pour rester en forme, parce que j’en ai besoin, pour bien commencer la journée, pour profiter du calme et de la nature… Je crois que j’ai donné toutes les réponses possibles. À chaque fois, j’ai obtenu le même résultat de sa part. Il me donne une petite tape derrière la tête accompagnée toujours de cette petite remarque pour se moquer de moi : — Tu cours, mais tu ne sais pas pourquoi, ni après quoi, ou après qui. Mais tu cours ! C’est bien un soldat, ça ! Mes parents, enfin, surtout mon père, aiment me taquiner avec ça. Maman a plutôt mal vécu mon envie d’engagement même si elle n’a pas eu d’autre choix que d’accepter. Elle est heureuse de me retrouver, et que je sois de retour, en tout cas. C’est donc après une énième tape derrière la tête que je pars pour ma course matinale. Il y a un endroit tout à fait adapté et qui a ma préférence pour mon exercice quotidien. Pas très loin de chez mes parents, en bordure des bois il y a un long chemin. Une ligne droite qui paraît interminable. Plusieurs kilomètres sous les arbres qui dominent de chaque côté de l’allée faite de terre, de racines et de cailloux. J’appelle ce chemin les « Champs Élysée de la campagne ». Et c’est ...