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Usure du temps
Datte: 05/10/2026, Catégories: f, h, Auteur: Jane Does, Source: Revebebe
Jean somnole sur le sofa, perdu dans des songes dont je ne fais pas, plus, partie. Depuis l’encadrement de la porte, je reste un long moment à suivre des yeux sa poitrine qui monte et descend très régulièrement. Que nous arrive-t-il ? Comment lui dire que je vais partir ? Lui est là bienheureux, loin de ce bouillonnement intérieur qui me fait frissonner. J’ai mal pour lui. L’usure du temps, la routine auront eu raison de notre amour ! Oh ! Pas de raison très précise, pas de crise profonde entre nous, seulement une lassitude et pour moi l’attrait d’autre chose. Jean et moi… une longue histoire qui s’essouffle, comme c’est souvent le cas dans les affaires de cœur. À quarante ans, nous sommes parvenus au terme de ce que nous avions à vivre lui et moi. Et en moi, coulent des mots qui m’égratignent le cœur, qui me laissent sans force… Oui ! Le temps, c’est l’ennemi de l’amour ! Il nous vole ce que nous imaginons au début éternel. Puis les choses se mettent en place et chacun de nous s’installe dans une petite existence qui, jour après jour, effrite les meilleurs sentiments, érode les plus vives pulsions. Bien sûr que nous avons fait souvent des folies de nos corps, que nous les avons aimés, que nous les renouvelions avec ce plaisir qui rend les hommes heureux et belles les femmes. Mais la passion s’étiole, se dilue au mur trop haut de nos attentes déçues, aux sourires enjôleurs également d’autres que nous croisons et… tout se dégrade au fil de ces heures qui nous fuient. Et ...
... Jean… sur le canapé ne doute plus de rien. Oubliées les fleurs d’anniversaire, le muguet du premier mai. Une somnolence des sentiments qui mène à ce naufrage programmé. Mon visage ? Le sien ? Si je ferme les paupières, suis-je encore capable d’en redéfinir les plus grands traits ? Et sa grosse pogne qui sur mes joues se faisait velours, depuis quand a-t-elle déserté le parchemin rose et lisse ? Son souffle courant sur ma nuque lui aussi n’est plus qu’un lointain souvenir qui s’estompe dans de muets face-à-face qui ne parviennent plus à nous rapprocher. Les mots… vers qui nos yeux se tendaient pour les recevoir en offrande de cet amour si fort, sont désormais si peu empreints de ces émotions qui nous rendaient beaux. Là… le cœur qui bat toujours dans nos poitrails, ne le fait plus à nos approches. Il n’est plus, pour chacun de nous, que l’instrument qui nous permet de vivre, sans vibrer. Oui ! Les souvenirs ? Ben, s’il en reste bien sûr, ils ne sont plus que de pâles reflets de ces instants heureux où nous y croyions encore. Puis L’habitude est venue prendre d’abord un peu de place pour finalement envahir notre espace pour déborder totalement nos existences trop bien rangées. Oui… la mort lentement est venue asphyxier ce qui vivait encore de cet amour malmené. Oh ! Jean ! Tu ronfles maintenant, les bras croisés sur ta bedaine. Où est le beau jeune homme qui jurait n’aimer que moi ? Là sur ce divan, dans la position semi-assise, tu es tellement loin de tes promesses. Mais ...