1. La chanson, une histoire


    Datte: 04/10/2026, Catégories: #exercice, #revebebe, #article, #philosophie, #société, #nostalgie, Auteur: Leo Aristys, Source: Revebebe

    ... musique reprend toujours le dessus.
    
    Attention, ce n’est pas parce que je suis imperméable aux paroles des chansons que je ne ressens pas d’émotions. Elles viennent, mais sans sous-titres.
    
    Quand le grand Jacques chanteCes gens-là2, la musique transcende le texte avec sobriété et économie de moyens. Juste deux notes de contrebasse, un ostinato qui me transporte dans une toile de Van Gogh, de la première manière, sombre, terreuse, un repas dans une famille batave, atmosphère pesante… puis un accordéon s’élève, comme un espoir qui pointe. L’aigu des violons perce les nuages de rayons de lumière… les bois trillent, et soudain – le délire !
    
    Après une hésitation, c’est le climax :
    
    Et là, porté par les cuivres, Brel m’emporte vers un monde éclatant, solaire, la palette de Vincent en feu. Tous poils dressés, j’en pleurerais. À chaque écoute, une émotion intacte. Un chef-d’œuvre.
    
    Mais comment se limiter à une seule chanson ?
    
    Et comment ne pas célébrer les élisions et allitérations de Gainsbourg dansLa javanaise ?
    
    Comment — sur « Revebebe » — ne pas évoquer la sulfureuse et longtemps censuréeJe t’aime… moi non plus ?
    
    Impossible aussi d’ignorer Claude Nougaro maître du swing des mots.
    
    L’avantage de mon infirmité parolière, c’est que je me fiche de la langue d’une chanson. Seule compte la cohérence entre texte et musique. Et là, la liste est longue…
    
    Frank Sinatra accompagné par Count Basie, arrangements signés Neal Hefti, un régal.
    
    West Side Story ...
    ... éblouissement total – musique, chanson et danse.
    
    Freddy Mercury etBohemian Rhapsody – quelle claque !
    
    Al Jarrau, Bobby McFerrin – fusion parfaite des mots et de la musique.
    
    Michael Jackson et Quincy Jones – Jubilation.
    
    Je vais m’arrêter là, il y en aurait tant à dire encore.
    
    ______
    
    Mais, aujourd’hui, qu’en est-il ?
    
    Qu’on me l’explique. Une fois écarté le rap (qui n’est pas de la musique) – même si je reconnais à certains une vraie maîtrise rythmique, les propos orduriers crachés dans la soupe me laissent froid.
    
    Les assemblages de boucles de son juxtaposées avec une voix outrageusement auto-tunée sur deux ou trois notes façonUne poule sur un mur et je pleure.
    
    Mais on peut mieux faire encore !
    
    Si, si ! C’est possible !
    
    Certaines chansons d’antan portaient des messages, suggérés avec finesse, parfois coquins, souvent intelligents. Il fallait un minimum de culture pour les saisir.
    
    Aujourd’hui, les messages sont explicites, totalement dénués d’élégance et de subtilité.
    
    Que penser de celui, clivant, de la cérémonie d’ouverture des JO de Paris ?
    
    Ou encore de la perruche en tutu non genrée du concours Eurovision (je le concède, pas le plus mauvais du lot) ?
    
    Et que dire des Victoires de la musique3 ? Ce sosie très approximatif de Freddy Mercury, bras en moins, qui commence avec une intro empruntée aux Bee Gees –How deep is your love – pour basculer ensuite dans quelque chose où la médiocrité le dispute à l’indigence…
    
    Que penser du bombardement ...