-
La chanson, une histoire
Datte: 04/10/2026, Catégories: #exercice, #revebebe, #article, #philosophie, #société, #nostalgie, Auteur: Leo Aristys, Source: Revebebe
Je suis un boomer. Je n’y peux rien. Et, à ceux que ma génération a engendrés, qui seraient tentés de couper court à mon propos d’un méprisant « OK, boomer ! », je profite d’être le seul à causer ici pour leur répondre « Je vous conchie ! » (ce qui est, convenez-en, plus raffiné et élégant qu’un vulgaire « je vous emmerde ! ») Autrefois, les histoires, la musique et… les chansons se transmettaient oralement, dans les familles, au théâtre, aux kiosques à musique, aux bals populaires et aux salles de concert, portés par des acteurs, musiciens et chanteurs. Les boomers, eux, ont grandi avec l’explosion des moyens mécaniques de reproduction et de diffusion du son et de l’image : radio, disques, bandes magnétiques, cassettes, télévision. Désormais, à l’instar de Lagardère, inutile de se rendre au spectacle, le spectacle venait à nous, et l’on a commencé à être gavés par les oreilles… Ce n’est pas une chanson, mais des milliers qui ont accompagné ma vie de boomer. ______ « C’est bon ! Une chanson une histoire, c’est toi qui commences à nous gaver là ! » J’en suis conscient, je prends des risques : hors sujet probable. Mais laissez-moi poursuivre, quitte à être éjecté de ce jeu d’écriture. Une chanson, ce sont des paroles portées par une musique. Un art mineur, comme le qualifiait Gainsbourg — n’en déplaise à Guy Béart – tous deux invités d’Apostrophe, la grand-messe littéraire de Bernard Pivot1. Un art qui ne requiert aucune initiation. Quand ...
... j’étais gamin, les chansons qui m’attrapaient étaient joyeuses, parfois drôles, simples et faciles à retenir — l’insouciance de l’enfance. Hugues Aufray me ravissait avecSantiano,Stewball faisait pleurer les filles, Henri Salvador me réjouissait avecZorro est arrivé ! ouLe travail c’est la santé ! Ensuite vinrent les années yéyé, Johnny, Eddy, Cloclo, Sheila, France Gall, le journalSalut les copains, les T-ShirtsChouchou. Et puis, soudain ! Tout à coup ! Subitement ! Un coup de tonnerre, une déferlante, une vague scélérate, que dis-je ! Un raz de marée : les premières chansons en anglais… En un éclair, tout ce qui précédait était balayé ! Mais dans cette histoire, un doute me rongeait… Questionnant mes camarades : — Mais… les paroles ? Vous les comprenez ? — Ben… non, on ne parle pas anglais ! Un immense point d’interrogation flottait au-dessus de ma tête… Si les paroles n’étaient plus comprises, seraient-elles donc la crème d’un gâteau qui pouvait être mangé sans crème ? Fils et neveu de musiciens, bientôt musicien moi-même, je réalisai que c’était la musique bien plus que les paroles qui me touchait. Et force est d’admettre que les Beatles ou les Rolling Stones ont rebattu les cartes. ______ Alors, participer à un jeu d’écriture sur le thème « Une chanson, une histoire », vous imaginez mon embarras. Je suis un handicapé des paroles. Mes neurones ne sont pas connectés pour ça. Même en essayant, impossible de me concentrer au delà d’une phrase : la ...