1. Le livre de Thibault Ep. 0105 La fin des amitiés.


    Datte: 27/09/2026, Catégories: Entre-nous, Les hommes, Auteur: Fab75du31, Source: Hds

    ... arrive, je serai toujours là. Tu es comme mon frère et je te soutiendrai toujours ! Toujours !
    
    — Ne pense jamais à te foutre en l’air, mon pote ! Tu gâcherais ton destin, et tu gâcherais ma vie aussi. Je ne pourrais pas vivre dans un monde où tu n’es plus !
    
    — Tu es vraiment un pote en or, Thib !
    
    — Toi aussi tu es un pote en or, Jé !
    
    Une minute plus tard, vous êtes allongés sur le clic clac. Tu te tournes vers ton pote et tu le prends dans tes bras.
    
    La détresse de ton pote te touche, sa proximité te bouleverse.
    
    Rester là, l’un contre l’autre, le corps chaud et musclé de ton pote contre le tien, la douceur familière et apaisante de sa peau contre la tienne, rester là, en silence, en laissant la tendresse exprimer ce que dix-mille mots ne sauraient mieux formuler.
    
    Peu à peu, sa respiration s’apaise, ses muscles se détendent. Et tu ressens en toi un bonheur si intense à appeler ses larmes. Un bonheur qui ressemble à une petite ivresse, une ivresse dans laquelle tu te sens perdre pied.
    
    Tes lèvres frémissent, hésitent. Mais pas longtemps. Un bisou léger, puis deux, puis dix, se posent sur le cou de ton pote.
    
    C’est tellement bon que tu ne peux plus t’arrêter. D’autant plus que ton Jé semble accepter et apprécier cette marque de tendresse et d’affection.
    
    Mais au bout d’un moment, si court et si long à la fois, il se retourne brusquement.
    
    — Je suis désolé, tu tentes de te justifier, le cœur tapant à tout rompre dans ta poitrine.
    
    Ton pote se tait, te ...
    ... regarde droit dans les yeux. Et, contrairement à ce que tu avais craint, ce que tu vois dans son regard te rassure.
    
    Car son regard n’est pas fâché. Au contraire, c’est un regard doux, touchant, un regard qui accroche le tien et qui te fait fondre.
    
    Vous vous fixez pendant un long instant, en silence. Et puis c’est comme une évidence.
    
    Depuis quelque temps, tu avais senti que vis-à-vis de ton pote pas mal de choses étaient en passe de te dépasser. Tu avais bien senti que le risque qu’un accident se produise augmentait de jour en jour.
    
    Tu avais conscience de jouer avec le feu. En tant que pompier, tu es bien placé pour savoir que pour prévenir l’incendie, il faut impérativement éloigner les éléments inflammables des sources de départ de feu potentielles. Tu es réputé pour être redoutablement efficace lors des mises en sécurité des scènes d’accident, et notamment dans la maîtrise des risques. Pourtant, dans ce cas précis, face au risque potentiel, tu as été incapable de prendre les précautions nécessaires pour l’annuler.
    
    Et l’« accident » avait fini par se produire.
    
    Ton pote avance son visage vers le tien. Les fronts se rencontrent, les nez se retrouvent, à nouveau.
    
    Puis, à l’initiative de Jé, les lèvres s’effleurent.
    
    Tu es fou de bonheur, mais des freins d’urgence s’activent en toi.
    
    — On ne peut pas faire ça, Jé, tu lâches, te faisant violence pour résister aux flots impétueux du désir et de l’amour.
    
    — J’ai envie, lâche ton pote alors que sa main se ...
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