1. Le livre de Thibault Ep. 0105 La fin des amitiés.


    Datte: 27/09/2026, Catégories: Entre-nous, Les hommes, Auteur: Fab75du31, Source: Hds

    ... de gars qu’il lui faut. Il veut être avec un pédé comme lui. Et moi je veux pas. A Paris, je vais tout recommencer à zéro. Fini les conneries, je veux redevenir le mec que j’étais avant. A Paris, il n’y aura que des meufs dans mon pieu !
    
    — Tu tiens à lui quand même, ça crève les yeux !
    
    Jérém se tait, le regard dans le vide.
    
    Vous fumez côte à côte, appuyés à la rambarde de la terrasse, en silence. Tu fermes les yeux et tu écoutes les bruits légers de la nuit, la respiration de ton pote, ses inspirations, ses expirations. Le parfum de son déo mélangé à l’odeur de cigarette arrive à tes narines et provoque une petite tempête dans ton cerveau.
    
    Tu as terriblement envie de le prendre dans tes bras et de le rassurer. Mais tu as peur de sa réaction. Alors, tu cherches les bons mots pour lui remonter le moral. Tout en essayant de résister à cette tendresse infinie qui t’attire vers lui.
    
    — Je ne sais pas ce qui m'arrive, il lâche de but en blanc, la voix cassée par les larmes, tout en se tournant légèrement vers toi.
    
    Immédiatement, tu jettes ta cigarette à moitié fumée et tu le serres fort contre toi. Dans tes bras, ses sanglots silencieux résonnent dans la nuit.
    
    Ça fait bien longtemps que tu n’as pas vu ton pote pleurer. Et ça te déchire les tripes.
    
    — Je ne veux pas devenir pédé !
    
    — Dis pas ça, dis pas ça ! Tu es un sacré bonhomme, et rien ne pourra changer ça !
    
    — Je ne suis rien !
    
    — Si, tu es mon pote, mon plus grand pote, et quoi qu’il arrive, tu ...
    ... seras toujours mon pote Jé !
    
    Tu le serres encore un peu plus fort contre toi. Tu es ému. Mais aussi troublé.
    
    Troublé par le contact du visage de ton pote dans le creux de ton épaule, par l’odeur de sa peau, par le contact de son torse contre le tien, par la proximité de son cou, de cette oreille qui semblent appeler le contact avec tes lèvres, par la proximité de ses cheveux bruns qui semblent implorer la caresse de ta main.
    
    — Si tu savais comment c’est dur, il lâche, en sanglotant nerveusement.
    
    — Il ne faut pas se prendre la tête comme ça. Il faut lâcher prise, accepter les choses telles qu’elles sont. Arrête de te faire du mal, arrête de te punir !
    
    — Ça me dégoûte, je me dégoûte ! Parfois, j'ai envie de me foutre en l'air !
    
    — Regarde-moi, Jé, tu lui claques à la figure immédiatement et fermement.
    
    — Regarde-moi, je te dis ! tu insistes jusqu’à capter le regard de ton pote.
    
    — Ne dis pas ça, ne le dis même pas pour rigoler. Je te le répète, tu es un sacré mec, tu as tout pour toi. Tu es beau, intelligent, adroit, malin, tu as un talent fou pour le rugby et pour tout un tas d’autres choses. Tu peux tout faire, tout réussir !
    
    — Et en plus tu as la chance d’avoir un mec qui est dingue de toi ! Et il est dingue de toi malgré ton caractère de cochon ! Et ça, putain, c’est beau et précieux ! Ne gâche pas ça !
    
    Ton pote se tait, la respiration saccadée, fébrile.
    
    — Et puis, n’oublie pas que tu m’as, moi ! Tu comprends, Jé ? Tu m’as, moi ! Quoi qu’il ...
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