-
Bicéphalité
Datte: 21/09/2026, Catégories: #historique, fh, jeunes, caresses, Oral fsodo, Auteur: Patrik, Source: Revebebe
... un coup d’épée dans l’eau. Le jour même de ma victoire, je me balade sans témoin avec Anne-Jeanne dans les jardins. Celle-ci me dit d’une voix un peu altérée : — Je… Je vous remercie, mon Ami ! Vous m’avez épargné un bien mauvais destin ! — C’était le moins que je puisse faire, ma mie. Et puis, vous savoir auprès de ce barbon me révulsait les sangs ! — Entre-nous, à moi aussi. J’ai appris que vous avez carrément bravé votre mère et son conseiller pour moi. Je ne saurais jamais assez vous remercier, Jean-Gatien ! La façon dont elle me regarde me trouble. Je réponds d’une voix néanmoins assurée : — C’est très simple, restez comme vous êtes, et restons comme nous sommes. — Vous… je… Euh merci… Fidèle à une certaine habitude de ne pas laisser des dires dans l’ombre, je préfère mettre les points sur les i, en exposant la triste réalité de nos conditions : — Ma chère Anne-Jeanne, si nous étions des simples quidams, je crois que j’aurais déjà demandé votre main à votre père. Mais voilà, je sais que je suis un simple pion sur l’échiquier du Royaume, et qu’il faudra sans doute que je fasse un mariage politique avec une étrangère que je n’aurais peut-être jamais vue avant d’aller à l’autel. Éberluée, elle me regarde avec des grands yeux : — Ma… ma m-main à m-mon p-père ? C’est bien ça que vous avez dit ? — J’ai aussi ajouté que j’aurais sans doute droit prochainement à un mariage politique en tant que frère du Roi. Fébrilement, elle capture ma main entre ...
... les siennes : — Attendez, Jean-Gatien, vous êtes en train de m’avouer que… — Que si j’avais le choix, vous seriez mon choix, mais je n’ai pas le choix ! — Vous, un Prince, le frère du Roi, vous n’avez pas le choix ? Je pose ma seconde main sur les siennes : — Le Roi a encore moins le choix que moi. Croyez-vous franchement que mes parents s’aimaient ? Et les vôtres ? Eux si, un peu plus quand même. À notre niveau, les mariages sont juste des alliances dans lesquelles les sentiments et les inclinations n’entrent pas en ligne de compte. — Vous êtes bien désabusé ! — Je suis réaliste… Un silence s’installe. Peut-être que je n’aurais pas dû être si direct et franc avec elle. Je ne sais pas si j’aime d’amour Anne-Jeanne, mais je sais que je suis bien avec elle. Si elle était mon épouse et la mère de mes enfants, ça m’irait très bien. Mais peut-être n’est-elle pas vraiment celle qu’il me faut, la flamme tant vantée par les poètes de toutes les générations, la passion, la dévastation, la folie même. Et puis, elle et moi sommes encore bien jeunes, même s’il n’est pas rare que d’autres soient déjà parents à nos âges. — Donc, nous restons comme nous sommes, Jean-Gatien, si j’ai bien compris. — C’est la meilleure solution. C’est un statu quo, je le sais fort bien, mais comme j’aime votre compagnie… — Moi aussi, j’aime votre compagnie. Soudain, je réalise un point de détail : — Au fait, Anne-Jeanne, j’y songe : dans le temps, nous nous disions « tu », il me ...