1. La voix de Mona Gaze


    Datte: 07/09/2026, Catégories: h, fh, Collègues / Travail fdomine, revede, Masturbation Auteur: Samir Erwan, Source: Revebebe

    Une ville aux mille toits. Le soleil entre en force par les grandes baies vitrées du bureau de la Maison d’Édition et j’observe la silhouette en contre-jour de Mona Gaze, ma conseillère littéraire. Elle m’a bien appris, je ne peux la décrire, car je ne vois que ses formes en ombre dans le soleil, assise à une table de travail, non loin : un fin profil, délicat, des cheveux mi-longs attachés, une ligne de nuque baissée, un nez pointu, une bouche qui mord un crayon, une cambrure qui me fait soupçonner des jambes croisées, une chaussure à talon qui pend aux orteils.
    
    J’attends.
    
    Sur la table basse, devant moi, un livre fraîchement imprimé. Sur la quatrième de couverture, le portrait de l’auteur : la jeune quarantaine, une peau bronzée, une barbe de trois jours, des cheveux châtains, ondulés, mi-longs en vague sur sa tête. Des ridules pattes d’oie, en forme d’éventail, s’étendent du coin externe de ses yeux vers les tempes, lui donnant à la fois un visage rieur, réfléchi, sage, ayant bien connu la vie sous de multiples facettes. Sur la photo, l’auteur rit devant un interlocuteur hors champ. Sa chemise de lin clair est entrouverte, laissant paraître sa pomme d’Adam, un cou musclé aussi large que sa mâchoire, une cavité au-dessus de sa clavicule.
    
    J’attends.
    
    Si j’observe maintenant le reste de la pièce où Mona lit mon dernier écrit, je remarque une grande table de conférence en ellipse, en bois, avec une douzaine de chaises l’entourant. Mais seule celle dont mon Éditrice ...
    ... m’a fortement recommandé sa relecture, sa critique, et dont je suis bien heureux de recevoir ses conseils, recommandations et propositions y est assise. En contre-jour, silhouette sombre dans l’éclat du soleil du matin, qui tourne une page en mordant son stylo. Ses lèvres… (soupir), je ne peux la décrire, Mona est le centre de l’auréole du flambeau du monde…
    
    J’attends.
    
    Le reste de la pièce, au-delà de la table de conférence près de la baie vitrée donnant une vue panoramique sur les toits de la ville, est composé de fauteuils, de sofa, d’un minibar, de tableaux de peintres célèbres, de portraits d’écrivain.es en noir et blanc, de livres mis en valeur dans une bibliothèque encastrée. Un miroir, à hauteur d’homme, agrandit la salle et si je m’y mire, je vois un homme d’une quarantaine d’années, à la peau bronzée, portant une barbe de trois jours et des cheveux châtains, ondulés, mi-longs en vague, habillé de lin clair, souple, aérien. Mes pattes d’oie sur le coin de mes yeux donnent à mon visage un air rieur et sage. Cet homme dans le miroir devant moi est le même que celui de la quatrième de couverture du livre sur la table basse : c’est moi, romancier à succès, pilier de la Maison d’Édition.
    
    Mona daigne enfin déplier et étirer son corps, levant ses bras au-dessus de sa tête, dans une posture de yoga, ses doigts enchevêtrés. Elle gémit en faisant jouer ses muscles après ce temps de lecture, puis reforme la pile des feuillets, les tapote sur la table, pousse sa chaise et ...
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