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La légende de Montclair - Partie 3
Datte: 02/09/2026, Catégories: A dormir debout, Auteur: CDuvert, Source: Hds
... rattraper comme une ombre menaçante. Elles savent toutes deux que leur fragile sécurité est à nouveau en péril, et que des vérités enfouies pourraient bientôt resurgir, prêtes à bouleverser leur vie sur les routes. # Chapitre 14 - La Vérité Dévoilée Alysande retient Isabelle par le bras alors qu’elles se terrent dans la ruelle sombre. L’agitation de la rue principale s’estompe derrière elles, mais la tension entre les deux femmes reste palpable. Alysande fixe sa compagne, ses yeux verts brillant d’une exigence mêlée d’inquiétude. Elle ne peut plus ignorer les silences, les regards fuyants, cette peur viscérale qui a saisi Isabelle à la vue du château et aux mots de l’aubergiste. « Isabelle, tu nous caches quelque chose », dit-elle d’une voix ferme mais basse pour ne pas attirer l’attention. « Pourquoi fuir ainsi ? Et pourquoi t’a-t-il appelée maîtresse ? Parle, je t’en conjure. Nous avons tout partagé, nos peines, nos corps, nos espoirs. Je mérite la vérité. » Isabelle tente d’abord d’esquiver, son regard se perdant sur les pavés humides. Ses lèvres tremblent. Elle passe une main nerveuse dans ses cheveux noirs, comme pour gagner du temps. Mais Alysande ne lâche pas prise, sa main toujours serrée autour de son poignet. Derrière elles, des pas se rapprochent – Étienne, sans doute, qui les cherche après leur fuite précipitée de l’auberge. Enfin, Isabelle cède. Elle relève les yeux, des larmes perlant au coin de ses paupières. « D’accord », murmure-t-elle, sa ...
... voix brisée. « Je vous dois la vérité. Je ne suis pas Isabelle. Je suis celle qui fut la comtesse Marguerite de Montclair. Nous sommes ici dans ce qui fut mon comté. » Alysande recule d’un pas, abasourdie. Son esprit peine à assimiler ces mots. Elle revoit les manières raffinées d’Isabelle, son accent distingué, cette grâce naturelle qu’elle avait attribuée à une simple dame de compagnie. Tout prend sens, mais la révélation la laisse sans voix. Isabelle poursuit, les sanglots montant dans sa gorge. « Au moment de l’attaque, lorsque nous avons compris que tout était perdu, ma dame de compagnie, Isabelle, m’a suppliée d’échanger nos places et nos habits. Elle savait que les soldats cherchaient à me tuer, moi, la comtesse, pour briser toute résistance dans le comté. Pour me sauver, elle est morte à ma place. » Elle s'interrompt un instant, le souffle court. Ses yeux se voilent de larmes contenues. Elle serre les poings pour se donner du courage. Puis elle reprend son récit d'une voix tremblante. « C'était le chaos absolu ce jour-là », commence-t-elle. « Les murailles étaient tombées. Les soldats ennemis déferlaient dans la cour du château. Isabelle et moi nous étions réfugiées dans mes appartements. Nous entendions les cris au loin. Les portes cédaient une à une. » Elle ferme les yeux comme pour revivre la scène. Alysande l'écoute en silence. Étienne se rapproche pour mieux entendre. Marguerite inspire profondément avant de continuer. « Isabelle a insisté pour que ...