1. La genèse


    Datte: 24/08/2026, Catégories: Humour Auteur: Coutumier du Fait, Source: Revebebe

    (Au début, ça partait très fort. J’ai battu un record le jour même de ma naissance. Ouais, mine de rien, moi qui te parle, j’ai été le plus jeune bébé de France ! C’est juste après que ça a commencé à merder. On ne m’enlèvera pas de l’idée que la pétasse de fée qui s’est penchée sur mon berceau s’est carrément cassé la gueule dedans.)
    
    Cinq ans
    
    Je jouais dans ma cour avec Cécile, une voisine qui avait huit ans. On était derrière le petit cabanon, là où il y avait toujours plein d’orties le long de la barrière. Non, quand tu es tout le temps en short, ce n’est pas un détail sans importance.
    
    À un moment, Cécile m’a demandé :
    
    — Tu veux voir ma nénette ?
    
    Ça m’a surpris. Je trouvais ça bizarre. Je n’ai même pas eu le temps de répondre qu’elle avait déjà baissé sa culotte et relevé le bas de sa robe. Quand j’ai vu la chose, je me suis sauvé en cavalant et j’ai foncé le plus vite possible jusqu’à la maison.
    
    — Maman ! Cécile, elle s’est déshabillée et elle voulait que je la regarde !
    
    Ma mère a éclaté de rire.
    
    — T’inquiète pas mon lapin, t’en verras d’autres quand tu seras plus grand.
    
    Je ne comprenais pas pourquoi ma mère riait. Ce n’était pas drôle du tout. Et, en plus, je ne comprenais pas non plus comment Cécile pouvait faire pipi.
    
    (La vie est quand même mal foutue, hein ? Pourquoi est-ce que Cécile m’a demandé si je voulais voir sa boutique quand j’avais cinq ans ? J’aurais nettement préféré que ça se produise une petite dizaine d’années plus ...
    ... tard.)
    
    Six ans
    
    C’était un dimanche après-midi. Avec des copains, on jouait au foot sur la petite place en terre battue qui se trouvait en plein milieu de l’impasse où j’habitais. Pendant la mi-temps ‒ enfin, une des mi-temps, vu qu’on en faisait plusieurs ‒, j’avais tellement soif que je suis allé chez moi.
    
    Mon père était là, attablé en compagnie de deux autres poivrots. Il m’a regardé et m’a dit :
    
    — Tu tombes bien, toi ! Va me chercher une betterave à crédit chez la mère Casse-bite.
    
    La mère Casse-bite, c’était Madame Le Goff, une veuve qui tenait un petit café-épicerie pas loin de chez nous et où il y avait toujours plein de vieux qui jouaient aux cartes. J’y suis allé. Madame Le Goff essuyait des verres derrière son comptoir.
    
    — Mon père m’a dit de vous demander une betterave à crédit.
    
    Elle m’a regardé bizarrement.
    
    — Mais qu’est-ce que tu racontes ? Ton père sait bien que je vends pas de légumes !
    
    Je suis retourné chez moi et j’ai répété à mon père ce qu’elle m’avait dit. Là, malgré ses yeux pleins de vinasse, j’ai vu qu’il était consterné.
    
    — Abruti ! Une betterave, c’est un litre de rouge.
    
    C’était l’apprentissage de la vie. À chaque jour, son lot. Ce qui me surprenait le plus, c’est que Madame Le Goff non plus ne savait pas qu’une betterave, c’était une bouteille de vin rouge.
    
    Sept ans
    
    À l’école, j’ai appris un nouveau jeu : « Le docteur qu’a perdu ses lunettes ». On apprend plein de choses à l’école.
    
    Un samedi après-midi, avec mes copains ...
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