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Érotisme et poésie (16) : « La femme adultère », par Federico Garcia Lorca
Datte: 19/08/2026, Catégories: Entre-nous, Hétéro Auteur: Olga T, Source: Hds
... étudiante, subventionnée pour présenter le répertoire classique dans les provinces rurales. Dans les dernières années de sa vie, il se consacre essentiellement à la création théâtrale. En juillet 1936, au début de la guerre civile, Federico García Lorca se rend de Madrid à Grenade, puritaine et réactionnaire. Sans doute à cause de son homosexualité, il est arrêté par un groupe de répression fasciste, l'Escuadra negra, assassiné quelques jours plus tard, le 19 août 1936, puis jeté dans une fosse commune à Víznar. Son corps ne fut jamais retrouvé, malgré des recherches de grande ampleur. Ce n'est qu'avec la mort de Franco en 1975 que la vie et la mort de Lorca peuvent être évoqués librement en Espagne. *** Le poème parut en avril 1935, dans le numéro 2 de la Revue « Mesures ». Ce périodique, qui parut de 1935 à 1940, fut financé et dirigé par Henry Church, avec l’aide de Jean Paulhan et d’un comité de lecture, composé de Bernard Groethuysen, Giuseppe Ungaretti, Henri Michaux, Vladimir Nabokov et Michel Leiris. Je relève particulièrement l’érotisme de ce texte et notamment des passages suivants. J’aime ainsi le crissement de la « soie arrachée par douze couteaux à la fois. » Tout Lorca est là, avec ses délicatesses et ses hyperboles, des alliances de mots qui s'affrontent comme des joutes amoureuses. Il y aussi ces mots : « sa poitrine pour moi s'ouvrit comme des branches de jacinthe » C’est d’autant plus merveilleux quand on connait les ...
... préférences du poète. Comment peut-on écrire des choses aussi éblouissantes, parfumées, délicates, sur la poitrine des femmes ? Voilà un grand mystère, qui me fait aimer Lorca plus que tout autre, plus qu'Eluard, plus que Prévert, plus que Neruda, poètes que pourtant j’adore. Il y a aussi ce machisme du Gitan : « Je lui fis don en la quittant, d'un beau panier à couture » ! Comme l’écrivit Aragon et le chanta Ferrat : « un jour viendra, couleur d’orange » ! *** LE poème : Je la pris près de la rivière Car je la croyais sans mari Tandis qu’elle était adultère Ce fut la Saint-Jacques la nuit Par rendez-vous et compromis Quand s’éteignirent les lumières Et s’allumèrent les cri-cri Au coin des dernières enceintes Je touchai ses seins endormis Sa poitrine pour moi s’ouvrit Comme des branches de jacinthes Et dans mes oreilles l’empois De ses jupes amidonnées Crissait comme soie arrachée Par douze couteaux à la fois Les cimes d’arbres sans lumière Grandissaient au bord du chemin Et tout un horizon de chiens Aboyait loin de la rivière Quand nous avons franchi les ronces Les épines et les ajoncs Sous elle son chignon s’enfonce Et fait un trou dans le limon Quand ma cravate fût ôtée Elle retira son jupon Puis quand j’ôtai mon ceinturon Quatre corsages d’affilée Ni le nard ni les escargots N’eurent jamais la peau si fine Ni sous la lune les cristaux N’ont de lueur plus cristalline Ses ...