1. Encens de benjoin, gros sel et bol chantant


    Datte: 16/08/2026, Catégories: nonéro, #drame, anniversai, amour, dispute, cérébral, Auteur: Olaf, Source: Revebebe

    ... rien, malbouffe, prise de poids, perte de rythmes physiologiques, féminité en berne, et tout le toutim.
    
    Un médecin perspicace me sortit de là, non pas à coup d’antidépresseurs, mais de coups de pied aux fesses. Je le soupçonne aujourd’hui de les avoir trouvées à son goût, mes fesses, mais là n’est pas la question.
    
    Il me prescrivit des stages de rando, des séminaires de rire, des ateliers d’écriture et des orgasmes aussi fréquents que possible. J’eus la force et le courage de participer aux trois premiers. Le désir de volupté mit du temps à revenir, mais s’insinua peu à peu entre la pointe de mes seins et celle de mon clitoris.
    
    En toute honnêteté, je dois avouer que mon premier orgasme rédempteur, je le dus à un fantasme étrange, au cours duquel Fabien me punissait en se masturbant avec et sur mon corps. Il n’était plus revenu dans mes pensées depuis des mois et je ne compris pas ce qui le ramenait ainsi dans mes pulsions secrètes. Revoir son corps nu au-dessus de moi, en train de se palucher, me fit puissamment frémir, puis jouir.
    
    Les voies de la renaissance sont impénétrables, je décidai de les accepter sans chercher à mesurer la profondeur de mes incohérences érotiques et sentimentales.
    
    Un début de réponse se présenta sous forme d’un article de journal relatant un terrible attentat dans lequel des Français avaient trouvé la mort. Je ne lis généralement pas ce genre de nouvelles, tant elles me dépriment et finalement décrivent le pire du pire de la nature ...
    ... humaine, sans apporter de solution ou de réconfort.
    
    Ce jour-là, mon regard fut attiré par la photo d’un homme, interviewé au sommet de la douleur, qui venait de perdre sa femme et son enfant dans l’attentat.
    
    Il était sorti de l’endroit où ils séjournaient peu avant le moment fatal, et se retrouvait seul face aux décombres de l’immeuble où ils avaient passé leurs dernières heures.
    
    Je regarde plus attentivement la photo et reconnais immédiatement Fabien. Il n’a presque pas changé, même si la douleur et l’horreur de ce qui vient de se passer posent un masque terrifiant sur son visage.
    
    La photo est artistiquement puissante, c’est une grande réussite pour les vautours médiatiques qui traquent et vendent le désespoir humain.
    
    La souffrance de cet homme agit en revanche sur moi comme un électrochoc. Avec pour conséquence un haut-le-cœur qui me fait courir à la salle de bain pour vomir. Mon cœur bat à tout rompre. Le chagrin et la détresse de Fabien me frappent au plus profond du corps et du cœur. Je suis à nouveau bouleversée par cet homme et ce qu’il montre d’insupportable face à l’adversité.
    
    Je lis rapidement l’article qui distille les fadaises habituelles dans ce genre de situations. Les rescapés seront rapatriés rapidement, un soutien psychologique leur sera garanti, etc. Mais je sais, moi, que rien de cela ne sera utile à Fabien. Il vient de perdre non seulement les amours de sa vie, mais le sens même de cette vie. S’il rate le virage du retour, seule sa propre ...
«1234...7»