1. Mes colocs – Partie 1


    Datte: 05/08/2026, Catégories: Entre-nous, Hétéro Auteur: Envie de femme, Source: Hds

    Moi, c’est Youssef.
    
    Je viens du Maroc, j’ai 40 ans, et ça fait maintenant treize ans que je vis en France.
    
    J’habite à Paris, dans le 18e arrondissement. Je travaille dans une université parisienne comme agent d’entretien depuis cinq ans — bref, je fais le ménage, tout simplement.
    
    Je mesure un mètre quatre-vingt-dix pour quatre-vingt-quinze kilos, brun, avec une barbe légère et bien taillée.
    
    Je suis en couple depuis presque un an avec une jolie infirmière, et on vit ensemble depuis deux mois.
    
    Je vais vous raconter mes histoires avec les Parisiennes.
    
    À mon arrivée ici, j’ai vécu en colocation avec deux étudiantes d’une vingtaine d’années et un jeune architecte fraîchement diplômé.
    
    Au début, ça ne se passait pas très bien. Les filles avaient pas mal de préjugés sur les Maghrébins, et je le sentais dans leurs regards, dans leurs silences.
    
    Elles parlaient souvent entre elles, en chuchotant, et dès que je passais dans le salon, hop — silence radio. Pas méchantes au fond, mais clairement sur la défensive.
    
    Moi, j’étais juste venu bosser, économiser, et surtout m’en sortir. J’avais quitté le Maroc avec mes rêves, mes galères, et ma fierté. Alors j’ai pris sur moi. Je disais bonjour, je souriais, je rendais service quand il fallait — la poubelle, un coup d’éponge, une ampoule changée. Rien de fou, mais petit à petit, les regards ont changé.
    
    Et puis un soir, tout a basculé.
    
    C’était un vendredi pluvieux, Paris comme elle sait faire : gris, fatigué, ...
    ... trempé.
    
    L’une des filles — Camille, je crois — avait organisé un dîner. Le jeune architecte, toujours tiré à quatre épingles, avait sorti une bouteille de vin hors de prix.
    
    Moi, j’étais rentré du boulot, lessivé, prêt à filer dans ma chambre. Mais elle m’a dit :
    
    — “Youssef, reste un peu, viens manger avec nous.”
    
    Le dîner se passe bien. Pour une fois, on ne parle pas d’architecture, de master, ni de “stages dans le 16e”.
    
    Camille me pose des questions, un peu timides au début.
    
    — “Et… tu viens d’où exactement au Maroc ?”
    
    — “De Nador.”
    
    — “Ah ouais, je connais pas du tout… c’est où ?”
    
    Je souris. Classique.
    
    — “Tout au nord, près de la mer. Là où les gens disent bonjour même aux chèvres.”
    
    Elle éclate de rire. Premier vrai rire de la soirée. Et là, j’me dis : tiens, on y est peut-être enfin.
    
    À la fin du repas, ils ont sorti une vieille enceinte Bluetooth, lancé de la musique. Moi, j’ai reconnu un vieux morceau de Khaled, et sans trop réfléchir, j’ai fredonné les paroles.
    
    Et là, surprise : la deuxième coloc, Clara, s’est mise à danser.
    
    Une danse maladroite, pleine de bonne volonté, mais sans aucun sens du rythme.
    
    — “Je suis nulle hein ?” qu’elle me lance en rigolant.
    
    — “Non, t’es juste… trop parisienne pour le raï.”
    
    Rires général. Le genre de moment simple, vrai, sans jugements.
    
    Ce soir-là, j’ai compris un truc : les gens changent quand ils te connaissent vraiment.
    
    Le lendemain matin, Camille m’a laissé un mot sur la table :
    
     ...
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