1. L'été


    Datte: 04/08/2026, Catégories: #érotisme, #romantisme, #occasion, inconnu, plage, amour, Auteur: Melle Mélina, Source: Revebebe

    ... de jais. Elle me lacérait la poitrine de ses ongles crochus tandis que je poussais mon agonie au plus proche de l’inexorable.
    
    Nos corps fusionnèrent, nos cœurs battirent à l’unisson et nos souffles se mélangèrent. Elle posséda mon âme, en extirpa ma raison, me promit les enfers et je l’acceptai sans modération pourvu que nos danses continuent.
    
    Peut-être allais-je mourir ? Qu’importe, s’il faut mourir…
    
    Et enfin, lorsqu’à bout de force, j’abandonnai le combat, éreinté et vidé de toute mon essence, elle devint plus câline. S’ensuivit un long moment de pure tendresse après l’orage qui m’avait englouti dans les limbes d’une nuit sans sommeil. Je me délectais de l’harmonie de son corps, de ses courbes parfaites, de la chaleur qui irradiait, de son goût sucré, du parfum de sa peau, du satin de ses cheveux de corbeau. Je la photographiai mentalement afin de pouvoir jouir de son image dans mes futurs moments de solitude, car je savais bientôt ce rêve consumé.
    
    La lune resplendissait dans le ciel, la mer et la nuit se confondaient, le sable à présent froid luisait devant l’eau noire. La lumière était juste suffisante pour que je la distingue facilement. Elle me sourit, visiblement satisfaite de cette nuit remplie. Au bord de la déchirure, Morphée eut raison de ma volonté et lorsque je me réveillais, cinq minutes étaient passées et ma belle sylphide avait ...
    ... disparu.
    
    Je la cherchais encore, suivais les traces de ses pieds que j’avais tant aimés, les traces de sa marche se dirigeant vers Neptune…
    
    L’aube apparaissant, je retrouvais bientôt son paréo abandonné. Je m’en saisis et le conservais comme une preuve que ce rêve avait bien été réel. Je trouvais également mon carnet de dessins et lorsque j’ouvris les pages : elle était là.
    
    Sur mes pages.
    
    Son tatouage me narguant.
    
    Ce tatouage me prévenant du danger.
    
    Tout était raconté : je me voyais fulminer assis à la terrasse d’un café, suivre un sentier sinueux pour arriver sur une crique abandonnée. Puis, comme sortie des eaux salées, un corps sucré : une naïade que je suivis comme hypnotisé. Était dessiné ce regard m’invitant à la suivre, puis nos ébats, ses morsures, ses griffures et la plaie au niveau de mon cœur qui ne cicatriserait pas de sitôt.
    
    Avait-elle été jamais réelle, n’était-elle que le fruit de mon imagination ? Son paréo attestait qu’elle fut présente. Je regardai bientôt mon corps et découvris les meurtrissures qui me rassuraient et me laissaient un goût amer.
    
    Je suis à présent chez moi à Paris, dans cette vieille chambre du 18e, il règne une odeur de Lexomil – la Goutte-d’Or et Barbès peuvent faire les bruits qu’ils veulent, tout me semble morne et tiède.
    
    Bernard Lavilliers : L’été
    
    https://www.youtube.com/watch?v=zMA9QL5WZzs 
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