1. L'été


    Datte: 04/08/2026, Catégories: #érotisme, #romantisme, #occasion, inconnu, plage, amour, Auteur: Melle Mélina, Source: Revebebe

    Assis à la terrasse d’un café juste en face de la plage, je griffonnais quelques dessins en vue de mon futur roman graphique. Pour m’imprégner d’une ambiance que je voulais festive, ensoleillée et colorée – loin de mes standards habituels – je passais cet été caniculaire dans un enfer idyllique de bord de mer.
    
    Cependant, la foule compressée m’agaçait plus que je ne l’aurais voulu. Impossible de se concentrer. Parfois, on venait me suspendre de mon travail, qui pour avoir des renseignements sur mes dessins, qui pour me demander si la chaise à mes côtés était libre, qui pour parler du beau temps.
    
    Le serveur remarqua mon irritation et me suggéra une petite crique connue des seuls autochtones, c’est ainsi que j’arrivai sur un littoral difficile d’accès, les roches bordant le sentier y menant risquant à chaque pas de dégringoler.
    
    La plage était quasi déserte et je m’installais non loin de l’eau à écouter le ressac des vagues venant s’échouer à quelques mètres de mes pieds. Le sable me brûlait, mais je ne regrettais pas le confort de la chaise de café.
    
    Le site était plus que ravissant : nonobstant d’offrir une grève isolée du capharnaüm des voitures et des touristes, des alcôves naturelles donnaient à cet endroit un charme irréel. Si le soleil de plomb s’abattait avec trop de force, quelques espaces ombragés attendaient qu’on s’y précipite pour trouver un peu de fraîcheur.
    
    Enfin, je gribouillais mes feuilles lorsque je l’aperçus. Il n’était plus question de laisser ...
    ... mon regard sur les croquis ; je ne pouvais plus me détacher de cette vision – car peut être n’était-ce qu’un mirage, une facétie de mon esprit retors ?
    
    Gracieuse féline capable de coups de griffes marqués dans les chairs, une dangereuse lumière qui m’attirait, moi, petit moustique, dans un piège que je savais infernal. Il m’aura suffi d’un simple coup d’œil pour le comprendre : cette stupéfiante beauté des îles m’avait embrumé l’esprit et j’étais déjà en manque de la voir disparaître.
    
    Je laissai mon carnet et mes crayons seuls sur le sable (les yeux dans l’eau), ce rêve devait être trop beau… Instinctivement, je la suivis – je ne savais pas pourquoi. Qu’avait-elle fait qui me permette de croire en une telle audace ? Quelle folie s’était alors emparée de ma raison ? Je la rattrapai et je lus son tatouage sur l’épaule : un avertissement pour qui voudrait jouer.
    
    Me sentant à ses trousses, d’un simple regard, elle m’invita à l’abri des regards et laissa glisser le paréo la révélant, la dévoilant comme Ève au premier jour. Sans qu’un mot ne soit prononcé, je me jetai peine perdue dans ses griffes acérées, comme une proie dans son piège.
    
    Juste un sourire, peut-être même une esquisse de sourire en guise de réponse et bientôt je tombai sur le dos et laissai ce succube à califourchon me dévorer les entrailles. Je plongeai dans le brasier pour fondre de délice. Elle me mordait les lèvres pour se repaître de mon sang tandis que je me noyais inexorablement dans ses yeux noir ...
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