1. Retour aux sources


    Datte: 03/08/2026, Catégories: A dormir debout, Auteur: Matharose, Source: Hds

    ... s'échappait de dessous la porte.
    
    Cet affront me mettait hors de moi. Je serrais fermement les poings et maintenais mon regard sur cette porte fermée. Je n'avais plus peur, ni de ce qu'il pouvait y avoir derrière, ni des ténèbres qui m'enveloppaient.
    
    Puis une envie irrépressible de te rejoindre s'emparait de moi, prometteuse d'un destin sombre. Je posais sans le vouloir ma main sur la poignée. Malgré tout, je la tournais avec une lenteur mesurée.
    
    Je souriais malicieusement, t'imaginant derrière cette porte, attendant avec impatience que je vienne enfin à ta rencontre. Et je savourais cette attente que je prolongeais avec une pointe de sadisme, mais si loin de la tienne...
    
    Ta réaction ne s'était pas faite attendre. Une fois la porte ouverte, une lumière aveuglante et un air glacial m'avaient frappée au visage et à la gorge. Mais étrangement, malgré cette bourrasque, l'air autour de moi était oppressant. Face à cette lumière, je plissais les yeux, essayais de distinguer chaque détail qui se révélait à moi, le corridor qui me faisait face.
    
    Alors que ma vision s'était faite plus nette, je sentais un vertige me prendre. Tu en avais décidé autrement. Le couloir semblait s'étirer devant moi ; j'avais l'impression que ma vision était sujette à un travelling compensé, comme dans ces films où tout l'espace s'étire, créant un effet angoissant.
    
    Je vacillais, m'agrippant aux murs pour ne pas chuter, accrochant en les griffant les nœuds des lattes en bois. Si fort ...
    ... parfois que des éclats s'en détachaient et s'enfonçaient dans la pulpe de mes doigts, sous mes ongles, laissant des marques sanglantes. Mais la douleur ne m'arrêtait pas. Je me sentais désormais plus forte que ça, je me redressais le plus possible, déterminée.
    
    Grâce à cette volonté farouche, ma vision avait commencé à se stabiliser doucement mais sûrement. Le couloir reprenait sa taille initiale, les plaies sous mes ongles se refermaient doucement. Un sourire triomphant se dessinait sur mes lèvres. Je portais mes doigts à ma bouche et suçais doucement le sang qui y avait perlé.
    
    Une fois arrivée au bout du corridor, ayant longé les portes des autres chambres, je me tenais face à cet escalier vertigineux en colimaçon. J'avais la sensation qu'il menait à un autre monde, étranger et en même temps si réconfortant... Qui me correspondait intimement.
    
    Mes mains saisissaient la rampe et je descendais les marches fièrement, prête à venir à ta rencontre et à pénétrer de nouveau ce royaume, mais cette fois avec une pleine conscience et une envie impatiente de redécouvrir les délices qu'il allait m'offrir.
    
    ~*~*~*~
    
    Une fois arrivée en bas, je respire enfin à pleins poumons. L'atmosphère est brumeuse. Mes pieds nus caressent le carrelage frais fissuré, laissant entrevoir des flammes rougeoyantes. Je lève le visage et te vois enfin, face à moi.
    
    Malgré les années qui ont passé depuis nos dernières étreintes, tu es toujours aussi imposant et irrésistible que dans mes souvenirs. Je ...
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