1. Retour aux sources


    Datte: 03/08/2026, Catégories: A dormir debout, Auteur: Matharose, Source: Hds

    ... cela était-il lié ? C'était ici que tout avait commencé, là où mes désirs florissants étaient nés.
    
    La voix s'était tue mais je sentais dans l'atmosphère une certaine pesanteur, rendant l'air difficilement respirable. Ma nuisette en satin rouge collait à ma peau luisante, ma tête me faisait souffrir... Je m'efforçais d'inspirer et d'expirer le plus tranquillement possible, comme pour lutter contre cette oppression.
    
    Pourtant la fenêtre était grande ouverte. Je dirigeais mon visage dans sa direction, presque en face de moi. Elle donnait sur la lune dans sa phase gibbeuse, comme si elle n'osait encore se dévoiler tout à fait. Elle était si brillante ce soir... Puis je réalisais l'étrangeté de la situation, entre incompréhension et frayeur. Il me semblait avoir fermé les volets avant de dormir...
    
    Désormais, seuls les rideaux blancs transparents étaient visibles. Ils commençaient à s'agiter, remués par une violente bourrasque qui apportait un air frais bienvenu dans cette chambre confinée. Peut-être un peu trop frais. Grelottante de froid et d'effroi, je prenais les draps et les attirais à moi. Je remarquais alors, abasourdie, une ombre qui s'engouffrait dans la chambre, se révélant sur les volets gonflés.
    
    - « ... Que me veux-tu ? » arrivais-je à prononcer, d'une voix ténue.
    
    La forme se tenait toujours face à moi, imposante.
    
    - « Tu sais très bien ce que je veux, je t'en ai donné un aperçu cette nuit, aurais-tu déjà oublié ? »
    
    Je me ressaisissais alors, ...
    ... fronçant les sourcils et serrant les poings, laissant mes ongles s'enfoncer dans mes paumes. Il était hors de question que je m'avoue ainsi vaincue, avec tout ce ressentiment qui s'emparait soudain de moi... Je rétorquais, un grondement dans la voix.
    
    - « Tu insinues que j'ai la mémoire courte ? Mais toi, tu es un lâche. Tu n'oses même pas te dévoiler réellement face à moi ! » Je ricanais, sarcastique.
    
    En réponse, la voix tonnait, raisonnant dans toute ma tête.
    
    - « Ah je suis un lâche ?! Et toi, qui es-tu pour m'avoir ainsi oublié durant toutes ces années ? »
    
    Je grommelais, serrant les dents.
    
    - « C'est plutôt toi qui m'a oubliée et pense peut-être pouvoir me récupérer en un claquement de doigts comme si j'étais une petite chose fragile et sans cervelle ! »
    
    Dans la chambre obscure, nos deux voies irreconnaissables fusaient, tantôt en murmures, tantôt en vociférations. Je réalisais l'étrangeté de la situation. Chaque mot, choisi avec soin, était prononcé dans des paroles dures, cinglantes et poignantes, peut-être un peu cruelles par moment.
    
    Mais en réalité leur virulence cachaient deux personnalités profondément sensibles et surtout deux cœurs blessés et saignants. Le tumulte s'emparait de la chambre, le vent s'y engouffrait et sifflait comme un chant spectral, faisant claquer violemment les volets de bois et grincer le lambris en bois sur les murs.
    
    Finalement, nous commencions à nous essouffler, nous perdant dans nos mots, ne sachant plus exactement quelle ...
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