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Bergerie
Datte: 01/08/2026, Catégories: Entre-nous, Hétéro Auteur: CDuvert, Source: Hds
Je sens la sueur coller ma chemise de randonnée contre mon dos quand je m'arrête pour consulter une nouvelle fois le GPS. L'écran affiche obstinément trois barres vides, comme si nous venions de passer dans une dimension parallèle. Julie souffle derrière moi, ses cheveux blonds échappés de sa queue de cheval collent à ses tempes. Thomas, plus jeune que nous, feint encore l'optimisme, mais je vois dans ses yeux la même inquiétude qui me tenaille. "On est vraiment perdus", dis-je en refermant l'appareil. Ma voix résonne étrangement dans cette vallée encaissée où seul l'écho nous répond. Les nuages s'accumulent au-dessus des crêtes dentelées, menaçants. L'air s'alourdit de cette électricité particulière qui précède l'orage en montagne. Julie s'approche, et malgré nos six années d'amitié, je ne peux m'empêcher de remarquer comme son débardeur humide épouse les courbes de ses seins. Elle s'en aperçoit, me lance ce regard complice qu'elle a toujours eu, entre provocation et tendresse. "Tu materas plus tard", plaisante-t-elle, mais sa voix porte une note différente, plus grave. "D'abord, sortons-nous de là." Thomas rougit comme un adolescent. À vingt-quatre ans, notre ami conserve cette pudeur touchante qui contraste avec son corps sculpté par des années d'escalade. Je le vois détourner les yeux quand Julie s'étire, cambrant instinctivement ses reins pour soulager son dos endolori. C'est alors que je la vois. "Regardez, là-bas !" Une silhouette se détache sur le ...
... versant opposé, gracile et sûre d'elle. Elle guide un troupeau de moutons vers ce qui ressemble à un enclos. Mes yeux plissent pour mieux distinguer ses traits. Même à distance, quelque chose en elle capte mon attention, une façon de se mouvoir qui évoque une sensualité naturelle, instinctive. Nous descendons vers elle, nos semelles glissent sur l'herbe humide. Plus nous approchons, plus les détails se précisent. Elle porte un jean délavé qui épouse parfaitement ses hanches minces et ses cuisses fuselées. Sa chemise de flanelle à carreaux, ouverte sur un débardeur blanc, laisse deviner la naissance d'une poitrine menue mais ferme. Ses cheveux châtains, échappés d'une tresse négligente, dansent dans la brise qui précède l'orage. Quand elle lève les yeux vers nous, mon souffle se suspend. Ses iris verts pailletés d'or brillent d'une intensité troublante. Elle a ce regard direct des gens de la montagne, sans fard ni détour, mais j'y perçois autre chose. Une solitude immense, une faim secrète qu'elle dissimule derrière un sourire poli. "Vous êtes perdus ?" Sa voix porte un léger accent local, chantant et chaud. Elle s'approche de nous, et je remarque sa démarche, cette façon qu'elle a de poser le pied comme si elle épousait le terrain. "Complètement", avoue Julie. "Nous cherchions le refuge du col des Aiguilles, mais..." La jeune femme secoue la tête, un sourire amusé aux lèvres. "Vous avez bifurqué trop tôt. Le refuge est à quinze kilomètres d'ici." Elle jette ...