1. Tango avec les vautours à Bogotá


    Datte: 14/07/2026, Catégories: Humour #pastiche, #aventure, #personnages, Auteur: Laetitia, Source: Revebebe

    ... au nord et par les Incas au sud.
    
    Miguel regarda Chloé en souriant.
    
    — Tu crois aux légendes ?
    — Oui, pourquoi pas. Mais je crois surtout aux balles et aux preuves, répondit-elle. Parfois, les légendes attirent les pires types.
    
    Ils montèrent un camp de fortune près d’un ruisseau, allumant un petit feu avec précaution. Le froid mordait malgré la saison, et Chloé resserra sa veste en cuir.
    
    Julián racontait d’autres histoires de sites sacrés pillés, d’urnes funéraires vendues à Bogotá ou à l’étranger, au Mexique, en Chine, aux États-Unis. Chloé écoutait en silence, les yeux fixés sur les flammes.
    
    — Tu penses vraiment qu’elle a trouvé quelque chose d’important ? demanda Miguel.
    — Oui, dit Chloé. Sinon, ils ne l’auraient pas prise vivante.
    
    Elle resta un instant immobile, puis ajouta :
    
    — Quand j’étais dans les forces spéciales, on disait que tout ce qui brille attire les rapaces. L’or, les reliques, les secrets… Les vautours finissent toujours par venir.
    
    Elle posa une main sur l’épaule de Miguel.
    
    — Mais on la retrouvera.
    
    Elle se leva et jeta le reste de son café dans le feu.
    
    — Mais si quelqu’un lui a fait du mal… le jaguar, ce sera moi.
    
    La lune s’était levée, ronde et pâle, projetant des ombres longues sur le páramo. Le vent sifflait à travers la végétation, donnant l’impression que les plantes chuchotaient entre elles.
    
    Chloé s’était éloignée un instant du camp pour reconnaître le terrain. Ses yeux aguerris repérèrent quelque chose au pied ...
    ... d’un rocher. Un morceau de tissu arraché d’une chemise à carreau, coincé dans une racine. Elle s’accroupit. Manifestement, c’était la même chemise que portait Sara au moment de sa disparition.
    
    — Sara… murmura-t-elle.
    
    Le tissu portait une tache de sang séché, pas très grande mais suffisante pour faire accélérer son cœur. À côté, une empreinte de chaussure fraîche.
    
    Elle revint au camp, le visage fermé.
    
    — Elle est passée par ici. Et elle n’était pas seule.
    
    Julián fronça les sourcils.
    
    — On n’est pas seuls non plus.
    
    Chloé leva la tête. Un craquement à peine audible se fit entendre à la lisière du camp. Puis un autre, derrière. Des ombres se déplacèrent entre les frailejones.
    
    — Merde, souffla Miguel, en se levant.
    
    Chloé eut un sourire froid, en le retenant par le bras.
    
    — Non, ça, c’est ma partie préférée.
    
    Elle attrapa son Glock et se coucha derrière un rocher.
    
    — Restez en bas. Et si ça tire, ne bougez pas.
    
    Une voix rugueuse cria en espagnol :
    
    — Laissez vos armes et sortez !
    
    Chloé répondit en criant :
    
    — Désolée, mais je suis très attachée à mon pistolet. Un peu comme à un vieil amant. Tu vois le genre ?
    
    Un premier coup de feu claqua. Chloé riposta aussitôt, touchant la lampe torche de l’assaillant. La lumière éclata, en tombant au sol. Manifestement, elle avait touché la lampe et la balle avait continué son chemin comme si de rien n’était vers le buste de celui qui la portait. Les ténèbres reprirent le dessus.
    
    — Premier point pour ...
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