1. Tango avec les vautours à Bogotá


    Datte: 14/07/2026, Catégories: Humour #pastiche, #aventure, #personnages, Auteur: Laetitia, Source: Revebebe

    ... doutais du motif de votre visite.
    
    Chloé fronça les sourcils.
    
    — Pressée ou effrayée ?
    — Les deux. Elle a dit qu’elle devait trouver « la preuve » avant qu’ils ne la trouvent eux.
    
    Julián soupira.
    
    — Depuis que la guérilla a quitté cette région, les bandes armées se battent pour le contrôle. Les trafiquants de reliques, les paramilitaires… tout le monde veut sa part.
    
    Chloé se leva, prête à partir.
    
    — Alors on ne va pas attendre qu’ils la trouvent avant nous. Tu nous conduis ?
    
    Le guide sourit.
    
    — Tu n’as pas peur ? demanda-t-il à Chloé.
    — J’ai survécu à des guerres bien plus sales. Et j’ai la réputation de ne pas laisser de jaguars en cage.
    
    Miguel secoua la tête.
    
    — Toujours les punchlines…
    — Le jour où je n’en ferai plus… répondit-elle avec un clin d’œil.
    
    À l’aube, le village était encore plongé dans la brume. Des chiens errants fouillaient les poubelles, un coq chantait dans une cour voisine. Julián chargea les sacs dans un vieux pick-up bariolé qui leur servirait de transport.
    
    — Iguaque n’est pas loin à vol d’oiseau, dit-il en ajustant son chapeau de feutre. Mais les sentiers sont traîtres. Et si Sara est montée par là, elle a dû croiser du monde. Et pas forcément des amis.
    
    Chloé vérifia son Glock et son poignard de combat avant de monter à bord.
    
    — On les croisera aussi, Julián. Et on leur posera les bonnes questions.
    
    Le pick-up gravit les chemins escarpés en grinçant. La brume se levait peu à peu, révélant les montagnes verdoyantes ...
    ... qui entouraient Villa de Leyva. Des champs de quinoa et de pommes de terre s’étendaient sur les pentes, ponctués de vaches au pelage clair.
    
    Des enfants jouaient au ballon dans les ruelles des petits hameaux traversés, et des femmes âgées les observaient depuis les seuils de leurs maisons blanchies à la chaux. Les habitants saluaient Julián d’un signe de tête respectueux.
    
    — Ici, expliqua le guide, les gens n’oublient rien. Ni les massacres, ni les disparitions. La guérilla, l’armée régulière, les paramilitaires, les trafiquants… tout le monde est passé par là.
    
    Chloé, pensive, observait le paysage avec attention.
    
    Après plusieurs heures, ils laissèrent le véhicule et poursuivirent à pied sur un chemin étroit et pierreux. Le sentier était raide, glissant, bordé de fleurs jaunes et de broméliacées. Plus haut, les arbres se firent plus rares et le páramo, cette sorte de steppe d’altitude typique des Andes, apparut. Ce paysage unique de haut plateau était couvert de frailejones, ces plantes à grandes feuilles veloutées, endémiques de la région, qui ressemblaient à des silhouettes de soldats immobiles.
    
    — Le lac d’Iguaque était sacré pour les Muiscas, expliqua Julián. C’est là, selon la légende, que Bachué, la mère de l’humanité, est sortie des eaux avec un enfant dans ses bras. Les Muiscas, c’étaient les Indiens qui vivaient dans la région. Ils ont été envahis et colonisés par les Conquistadors. Mais avant ça, ils ont été harcelés pendant des siècles par les Aztèques ...
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