1. Anelore


    Datte: 12/07/2026, Catégories: fh, hplusag, inconnu, campagne, froid, amour, nopéné, Auteur: Tylodine, Source: Revebebe

    ... tourbillons de neige.
    
    À la dérobée, je regardais mon sauveur… bel homme à vrai dire, quelques poils blancs dans la barbe, le menton volontaire ; ses mains sur le volant… je les trouve sexy…
    
    Anelore, ma grande, tu trouves que c’est le moment ?
    
    Perdue dans mes pensées, je réalisais, un peu tard, que lui aussi… à ce moment nos regards se croisèrent et nous éclatâmes de rire.
    
    — Ça y est ? L’inventaire est terminé, vous n’allez pas me remettre dans le ravin ?
    — Désolé Anelore, je ne voulais pas me montrer goujat !
    — Je le prends du bon côté… j’ai fait pareil et j’avoue que…
    — Que ?
    — À toute chose, malheur est bon, dit-on chez vous ! Vous n’êtes pas trop mal pour un père célibataire !
    
    Bien au chaud au milieu de la tourmente, je me sentais revivre et je me pris soudain à redouter le moment ou je devrais me retrouver seule dans ma grande maison froide.
    
    Pendant les deux heures qui suivirent, nous avons parlé comme de vieux amis, j’appris qu’il était marin, capitaine au long cours, divorcé et père d’une grande fille. À ma grande surprise, sa fille était aujourd’hui aussi dans la marine marchande, officier sur un cargo quelque part sur les côtes nord-américaines.
    
    Nous étions maintenant presque arrivés, une accalmie nous permettait de distinguer quelque peu le paysage dans la lueur des phares.
    
    Nous arrivions à proximité de Pégairolles, mais le village, perché sur sa colline rocheuse, était totalement invisible.
    
    — Continuez encore deux kilomètres, il y ...
    ... aura une entrée de chemin sur la droite avec une grosse borne de calcaire, le chemin est un peu raide, mais avec votre 4X4, ça devrait le faire.
    
    Cela le fit en effet et bientôt la façade du mas devint visible. Descendant de la voiture, je me précipitais pour ouvrir la double porte de la bergerie située au rez-de-chaussée et fis signe à Hervé d’y faire entrer le 4x4.
    
    Ce fut vite fait et bientôt nous nous affairâmes à décharger mon ravitaillement par le large escalier de bois menant à l’étage.
    
    — Pose ça par terre, n’importe où, je vais allumer du feu dans la salle de séjour… il n’y a qu’à craquer une allumette.
    
    À peine avais-je prononcé cette phrase que je réalisais que je l’avais tutoyé !
    
    Je sentis mes joues s’empourprer, heureusement la pénombre fit que ce fut invisible pour Hervé, qui ne sembla aucunement s’en formaliser.
    
    Posant mes emplettes dans la vaste cuisine, je m’empressais de gagner la salle de séjour attenante.
    
    J’avais eu la bonne idée de préparer une flambée dans la grande cheminée et une seule allumette me suffit pour y porter le feu.
    
    Hervé, peut-être surpris par les dimensions de la pièce, jetait, discrètement, un regard curieux sur les nombreux objets, fossiles, coquillages, bibelots, disposés un peu partout dans un joyeux fouillis.
    
    — Je n’avais pas prévu d’invité pour le réveillon, alors c’est un peu le bazar !
    — Moi, je trouve ton home très accueillant… mais je ne vais pas t’envahir comme ça, je vais mettre les chaînes et repartir ...